L'essor du trafic maritime au détroit d'Ormuz : un tournant pour l'économie globale

La reprise du trafic maritime à Ormuz soulève des espoirs pour l'économie mondiale.
L'essor du trafic maritime au détroit d'Ormuz : un tournant pour l'économie globale
Près de quarante navires ont effectué la traversée du détroit lundi, soit un tiers du trafic habituel. Si les cours du pétrole sont orientés à la baisse, l'amélioration de la situation reste précaire et Téhéran persiste à revendiquer un contrôle sur cette artère cruciale de l'économie mondiale.

Le trafic reprend doucement dans le détroit d'Ormuz. Au moins 37 navires de matières premières ont effectué la traversée lundi, un trafic maritime record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, d'après les données de Kpler. Cette reprise survient une semaine après un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran. En tenant compte des porte-conteneurs, au moins 42 navires commerciaux ont franchi le détroit lundi, d'après AXSMarine.

Dans une annonce sur son réseau social, Donald Trump s'est réjoui : "Hier, 19 millions de barils de pétrole ont quitté le détroit d'Ormuz, un record absolu. Les prix du pétrole s'effondrent et le monde est bien plus sûr!" Toutefois, cette reprise ne représente qu'un tiers des traversées habituellement enregistrées en temps de paix, qui s'établissent autour de 120 par jour. Pendant la guerre, moins de 10 navires de matières premières passaient quotidiennement.

"La prudence demeure de mise", a souligné Kpler, en ajoutant que "de nombreux navires continuent d'emprunter des routes alternatives, alors que le déminage reste inachevé".

Les autorités iraniennes maintiennent leur position concernant le contrôle du détroit. Mohammad Bagher Ghalibaf, représentant de l'Iran lors des négociations avec les États-Unis, a affirmé que l'administration du détroit "ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre". Lors d'une déclaration conjointe, Oman et l'Iran ont réaffirmé leur engagement à assurer un passage sécurisé tout en soulignant leur souveraineté.

Le pétrole continue sa décrue

Les indicateurs sur le marché du pétrole montrent une tendance à la baisse. Le prix du baril de Brent, pour livraison en août, se situe autour de 78 dollars, en dessous de la moyenne des cinq dernières années (80,6$), marquées par des tensions majeures comme la guerre en Ukraine. Les prix des carburants diminuent également, bien qu'ils restent supérieurs aux niveaux d'avant la guerre.

En matière d'offre, la situation s'améliore. Les oléoducs saoudiens et émiratis augmentent leurs exportations, et l'administration Trump a suspendu pour 60 jours ses sanctions sur le pétrole iranien.

Cependant, la demande reste un facteur limitant. La Chine réduit significativement ses importations, qui s'établissent à 5,3 millions de barils par jour, une chute de 50% par rapport à la période précédant la guerre, d'après les données de Vortexa rapportées par Bloomberg. L'économie mondiale en ralentissement pourrait également influer sur cette demande.

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