Durant les vagues de chaleur, les caténaires se déforment, tandis que les rails se dilatent et les systèmes de climatisation échouent. En France, ces infrastructures, souvent anciennes, témoignent d'un manque d'entretien face à des conditions climatiques devenues extrêmes. La canicule actuelle, marquée par des températures dépassant les 35°C, exacerbe ces problèmes.
En quoi les situations de train annulés sont-elles liées à la chaleur?
La SNCF retire certains anciens trains de la circulation lorsque la chaleur devient trop intense, garants de conditions de voyage désagréables. Les rames Corail, héritées des années 1970, vu leur climatiseur inefficace en cas de forte chaleur, sont souvent concernées, notamment sur des lignes Intercités comme Paris-Clermont.
En Île-de-France, la SNCF a annulé environ 10% de ses trains temporaires pour éviter le risque de déformation des rails. Des mesures similaires sont appliquées en Belgique, où des rames non climatisées sont retirées durant les heures de pointe.
Dans l'actualité du 23 juin -> "Voyage cauchemardesque sur un TGV Paris-Bâle sans climatisation".
La panne électrique à la gare de l'Est : canicule en cause ?
La SNCF soupçonne fortement que la panne d'électricité survenue le 18 juin, qui a paralysé tout le trafic à la gare de l'Est, provienne de la chaleur, comme l'a indiqué Séverine Lepère, directrice générale de SNCF Réseau Ile-de-France. Les investigations se poursuivent.
La canicule actuelle : un défi majeur pour les infrastructures ferroviaires
Les vagues de chaleur prolongées, avec des températures de rail dépassant 60°C, s'avèrent exceptionnelles. "Ce n'est pas habituel de maintenir de telles températures continuelles en Île-de-France", précise Séverine Lepère.
"Les déformations de rails et ruptures de câbles augmentent considérablement les risques de déraillement", souligne John Lawrence de l'institut IET sur le ferroviaire.
Les équipements de signalisation et de communication le long des voies subissent également les effets néfastes de la chaleur.
Pourquoi d'autres pays gèrent mieux la chaleur sur leurs réseaux ferroviaires ?
Contrairement à l'Europe, des trains à très grande vitesse circulent à des températures supérieures en Inde ou en Afrique, mais à des vitesses bien inférieures. La fiabilité des rails et la qualité des voies jouent un rôle crucial dans les infrastructures ferroviaires européennes, explique Pierre Plaindoux, expert en transport. Aux États-Unis, les ruptures de caténaires sont rares, car ce réseau dépend principalement du diesel.
Quelles solutions peuvent être envisagées ?
Parmi les solutions évoquées, une meilleure surveillance des températures des rails pourrait permettre de déclencher des ralentissements automatiques en cas de forte chaleur. D'autres pays, où la main d'œuvre est moins coûteuse, intègrent des humains pour surveiller le réseau, tandis que la France envisage d'installer davantage de capteurs.
Peindre les rails en blanc est une autre alternative prometteuse. Cette méthode, déjà appliquée dans certains pays comme l'Italie, pourrait réduire les températures internes des rails de 5 à 10°C, comme le rapporte Antonios Kanellopoulos, directeur de recherche à l'université du Hertfordshire.
Enfin, l'implantation de caténaires fixes, plutôt que filaires, est également prévue en France, concentrée sur les tronçons à fort trafic, bien que cette option soit jugée coûteuse pour le long terme, selon Pierre Plaindoux.







