Ce mardi 23 juin, les députés ont donné leur feu vert en première lecture à une proposition de loi constitutionnelle visant à étendre l'autonomie de la Corse au sein de la République française. Avec 271 voix en faveur, 202 contre, et 64 abstentions, le résultat s'est montré plus clair que prévu. La France insoumise a contribué à ce vote par un retournement d'abstention en faveur du texte, tandis que les socialistes ont également affiché un soutien substantiel. En revanche, les Républicains et l'extrême droite votent presque unanimement contre.
Lors du vote, le député insoumis Éric Coquerel a argumenté : « Ce n’est pas un choix juridique, c’est un choix politique ». Cette déclaration souligne l'importance d'une vision politique plutôt que juridique, bien que son groupe ait exprimé des attentes concernant une clause de non-régression sociale et environnementale. « Une demi-victoire » selon lui, malgré l'absence d'engagements fermes sur ces thématiques.
Le groupe Gauche Démocrate et Républicaine s'est plus que jamais divisé lors de ce vote. Bien que certains députés ultramarins aient soutenu le texte, des membres communistes se sont abstenus ou ont voté contre. Elsa Faucillon a mis en avant l'introduction d'une consultation référendaire en Corse, mais a également critiqué le débat en cours. « Nous ne connaissons ni le contenu ni le calendrier de la loi organique, et la notion de lien à la terre corse, bien qu’amendée, soulève de nombreuses interrogations », a-t-elle ajouté.
« Le débat doit se poursuivre »
Pour Marc Pena, membre du Parti socialiste, cette reconnaissance d'une communauté insulaire est essentielle, bien qu'il ait aussi admis que la question de créer une catégorie distincte de citoyens reste problématique. Il a confirmé que « le débat doit se poursuivre », tout en prenant note des réticences autour de l'idée d'une communauté au sein de la République.
À l'opposé, Sandra Regol, représentante écolo, a fait valoir que ce ne serait pas la première fois que des dispositions particulières seraient intégrées dans la Constitution : « Des exceptions qui n’ont jamais fragilisé la République mais qui ont permis d’adapter notre droit aux besoins des territoires ».
Le parcours de cette modification constitutionnelle est d'ores et déjà complexe et l'étape suivante au Sénat s'annonce difficile. Obtenir le soutien nécessaire parmi les sénateurs pourra se révéler un sacré défi. Plus encore, atteindre le seuil des 3/5 des voix lors d'un éventuel Congrès à Versailles semble un objectif lointain, suscitant des inquiétudes au sein des partisans de cette réforme.







