Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a exprimé, mardi 23 juin, son soutien à l'instauration de fichiers de surveillance pour les pédocriminels, similaires aux fiches S utilisées pour les menaces à la sûreté de l'État.
Lors d'une séance de questions au gouvernement, Darmanin a réagi à la proposition du député Antoine Vermorel-Marques (LR) pour la création d'un « fichier de prédétection des risques d’atteintes sexuelles sur mineurs ». Ce fichier serait alimenté par l'interconnexion des données déjà présentes dans les systèmes judiciaires. Cette annonce survient dans le contexte tragique du meurtre de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, dont le principal suspect, Jérôme Barella, avait précédemment été signalé à la justice mais sans suite.
« Je suis personnellement très favorable à la proposition que vous faites », a déclaré Darmanin, ajoutant que des pratiques et des principes seraient intégrés dans le futur projet de loi sur la protection de l'enfance, dont l'examen est prévu en juillet à l'Assemblée nationale.
Le ministre a souligné que la question de la surveillance s'apparente à la gestion des fiches S : « [...] y a-t-il des fichiers administratifs qui permettent des surveillances, sans interpellations immédiates ? ». Pour réaliser cela, il appelle à la création d'un fichier par le ministère de l'Intérieur, suggérant une collaboration possible avec des sources judiciaires.
Les interconnexions de fichiers manquantes
Cependant, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) doit encore donner son approbation pour la mise en place de tels fichiers. Selon Darmanin, la Cnil s'est opposée à ce type de fichiers depuis les années 2000. Il a proposé à la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, de s'associer pour convaincre la Cnil de faciliter ces interconnexions de données, comme cela se fait dans certains pays européens.
Vermorel-Marques s'est félicité du soutien apporté par Darmanin, tout en formulant le souhait de veiller à la mise en œuvre concrète de la loi. « Après le drame de Lyhanna, nous ne pouvons plus accepter que des informations utiles soient éparpillées entre les différents services », a-t-il insisté. « L'objectif est clair : identifier rapidement les prédateurs reconnus et les éloigner des enfants. »
Cette initiative a également trouvé écho auprès de Gabriel Attal, président du mouvement Renaissance, qui a exprimé son soutien à cette démarche de prévention et de sécurité pour les jeunes. L'urgence de la situation pousse à repenser la manière dont les données sur les pédocriminels sont gérées en France, dans l'intérêt de la protection des enfants.







