Né à Liverpool en 1970, Andy Burnham a grandi dans un village à proximité de Manchester. Après près de 20 ans au sein du Parti travailliste et plusieurs mandats ministériels sous Gordon Brown, il est battu en 2015 par Jeremy Corbyn. Toutefois, sa carrière politique prend un nouveau tournant lorsque, en tant que premier maire du Grand Manchester, il se concentre sur une politique de décentralisation en prônant un moindre dépendance à Londres. La crise du Covid-19 l’a propulsé sur le devant de la scène nationale.
Andy Burnham, l’élu qui a tenu tête à Boris Johnson
En octobre 2020, le maire s'illustre en s'opposant vigoureusement à Boris Johnson sur les mesures de confinement à Manchester. Alors que le gouvernement souhaitait infliger des restrictions strictes, Burnham a plaidé pour une meilleure indemnisation des travailleurs vulnérables, déclarant, "On ne peut pas vivre avec les deux tiers de son salaire". Son engagement et ses conférences de presse lui ont permis de gagner en popularité, le plaçant en tête d’affiche des discussions nationales.
Une couverture élogieuse dans Vogue le dépeint comme la voix du peuple, symbole de son ascension vers un statut de "sex symbol" politique, grâce à son style décontracté et son authenticité.
Burnham a obtenu une aide de 60 millions de livres sterling pour soutenir les travailleurs précaires durant cette période difficile, consolidant son image d'icône populaire, surtout parmi les moins de 45 ans.
Un combat pour la justice à Hillsborough
Son engagement ne date pas d'hier. Il est également reconnu pour sa lutte inébranlable concernant la tragédie d'Hillsborough, qui a coûté la vie à 97 supporters de Liverpool en 1989. Burnham a défendu les familles des victimes et a réclamé justice pendant des décennies. Cette détermination lui a valu des acclamations et une réputation de leader tenace, illustrée par le cri de ralliement : "Andy Burnham for Prime Minister".
Depuis son élection au poste de maire en 2017, il est associé à l’idée de "Manchesterism", visant à restaurer le contrôle local sur des domaines tels que les transports et les investissements. Son initiative emblématique, le Bee Network, renouvelle le système de transport public de Manchester, rendant les services plus accessibles et efficaces, tout en incarnant sa vision d’un avenir autonome pour la ville.
Un parcours de caméléon au sein du Parti Travailliste
Burnham est tout sauf un dogmatique. Son parcours politique, oscillant entre différents courants du Parti travailliste, le positionne comme un conciliateur. Une blague populaire au sein du parti évoque son rôle de trait d’union entre Blair, Brown et Corbyn.
Sa passion pour la musique, reflet de l'identité de Manchester, lui permet de tisser des liens particuliers avec des artistes, comme Liam Gallagher, qui a même prêté sa voix pour le tramway de la ville.
Comme le souligne Guy Garvey du groupe Elbow, "Andy n’est pas un homme ordinaire, mais fait partie d'une période exceptionnelle". Avec son porte-voix musical et sa détermination, Burnham ambitionne d’étendre le modèle de Manchester à toute la Grande-Bretagne.







