La saison des cerises 2023 s'annonce exceptionnelle pour les producteurs français, avec des prévisions de récolte dépassant les 30.000 tonnes, une augmentation de près d'un tiers par rapport aux années précédentes. Favorisée par des conditions climatiques clémentes, cette production pose cependant des défis de vente majeurs, incitant les arboriculteurs à encourager les consommateurs à acheter rapidement pour soutenir le marché.
La cerise, fruit au cycle de vente très court, doit être écoulée rapidement. En effet, la moitié des cerises récoltées chaque année est généralement consommée en seulement quelques semaines, particulièrement durant le mois de juin, période cruciale pour la rentabilité des producteurs. "Nous avons plus souvent des années compliquées avec des intempéries. Cette année, au contraire, aucune perturbation majeure n’a été signalée," constate Mathilde Chambe, arboricultrice située à Bessenay, près de Lyon, interrogée par franceinfo.
Cependant, malgré cette récolte abondante, les ventes ne décollent pas. Dans plusieurs régions productrices, les chiffres sont préoccupants. Comme l'indiquent les rapports du Réseau des nouvelles des marchés de FranceAgriMer, le marché du Sud-Est reste "insuffisamment demandeur" au 19 juin, limitant fortement les échanges avec les grossistes.
En Auvergne-Rhône-Alpes, le constat est également alarmant : "La consommation reste très timide, et les prix sont très bas," souligne FranceAgriMer. Les volumes disponibles sont tels que certains producteurs risquent de se retrouver dans une situation délicate, avec des prix s'approchant de seuils critiques, entraînant potentiellement une crise commerciale.
Néanmoins, dans le Grand Est, la situation est plus reluisante avec une demande jugée satisfaisante et une production de qualité. Pour les consommateurs, cette situation se traduit par des prix avantageux, oscillant entre 5 et 8 euros le kilo, selon les variétés et les circuits de distribution.
Cependant, pour les producteurs, ce prix accessible est un coup dur. Mathilde Chambe observe qu'"il y a des coûts en constante augmentation, dus à la nécessité de cueillettes manuelles et à l'absence de certains pesticides," notamment l'acétamipride, interdit depuis 2020, qui était essentiel pour se défendre contre des nuisibles.
Face à cette situation, l'appel à la consommation est plus que jamais d'actualité. Les arboriculteurs espèrent que la qualité de leurs fruits et la sensibilisation des consommateurs permettront d'écouler cette production exceptionnelle.







