Keir Starmer a opéré sa sortie ce lundi 22 juin, laissant derrière lui un climat politique tumultueux. Alors que sa popularité était au plus bas, il a ouvert la voie à Andy Burnham, le charismatique maire du Grand Manchester. La gauche de son parti, ainsi que la montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, ont contribué à sa chute.
Entré en fonction le 5 juillet 2024, après une victoire écrasante aux législatives, Starmer avait présenté un programme axé sur le pragmatisme. Deux ans après, l’économie reste atone, la hausse des prix affecte les ménages, et les services publics souffrent des conséquences d’années d’austérité. Des choix fiscaux difficiles, tels que des hausses d'impôts et des coupes budgétaires, ont rencontré une forte opposition populaire.
Des choix budgétaires contestés
Les coupes dans les aides énergétiques destinées aux retraités, annoncées dès son entrée en fonction, sont souvent citées comme le début de son déclin. Beaucoup ont interprété ce geste comme un affront, creusant ainsi un fossé entre lui et une part significative de la population.
Le premier budget de Starmer a également entraîné une augmentation des cotisations patronales, mécontentant le secteur économique, sans que son gouvernement ne parvienne à tenir certaines promesses préélectorales, comme celle de construire 1,5 million de logements par an.
La situation économique ne lui a pas été plus favorable, aggravée par la guerre au Moyen-Orient. Les estimations de la Resolution Foundation indiquent que le pays se trouve aux portes d'une nouvelle période de baisse des salaires réels, accentuant le mécontentement général.
Le poids du Brexit
Malgré un certain taux de croissance de 1,1% en 2024, supérieur à celui de la France et de l'Allemagne, le Brexit pèse lourd sur les perspectives économiques. Starmer lui-même a critiqué cette politique. Des avancées d'importantes études montrent que le PIB britannique pourrait avoir chuté de 6 à 8% à cause de la sortie de l’UE.
Ainsi, avec le changement imminent de leadership avec Burnham, la question demeure : comment corriger le tir face à des défis économiques palpables et à l'ombre persistante du Brexit ? Avec des taux d'emprunt parmi les plus élevés du G7, le futur Premier ministre devra composer avec un héritage délicat et des attentes élevées.







