Le constructeur automobile Renault s'apprête à réduire ses effectifs d'ingénieurs d'environ 15 à 20 % au cours des deux prochaines années, ce qui représente près de 2000 postes en moins. Ce tournant s'inscrit dans le cadre de FutuReady, le plan stratégique récemment dévoilé par François Provost, le directeur général.
Selon les informations confirmées par la direction et relayées par Ouest France, cette décision vise à optimiser les performances de l'entreprise face à la forte concurrence des industriels chinois. Les organisations syndicales ont été mises au courant dès vendredi, soulignant la transparence du processus.
Actuellement, Renault emploie environ 12 000 ingénieurs dans le monde, dont près de 6 000 en France. À la fin de l'année précédente, la société avait déjà réorganisé ses structures en fusionnant les équipes d'ingénieurs d'Ampère, sa filiale axée sur l'électrique, avec celles de la maison mère.
Dans cette nouvelle configuration, la conception des véhicules restera en France, assurant ainsi la préservation des activités à forte valeur ajoutée, comme l'indique une porte-parole de Renault. Les ingénieurs seront désormais classés en trois catégories distinctes : les "global car makers", qui seront chargés du développement complet des véhicules en France, en Roumanie et en Inde ; les "adaptative car makers", basés en Corée, qui travailleront sur des modèles existants ; et les "delivery centers" en Espagne, au Maroc, en Turquie et au Brésil, qui intégreront leur expertise dans le processus de production.
Ainsi, Renault n'évoque pas de licenciements directs. Des négociations seront engagées localement, pays par pays, afin de soutenir une transition fluide dans chaque centre d'ingénierie. Les mesures envisagées incluent la reconversion, l'évolution des compétences, ou encore des départs anticipés. L'objectif essentiel reste d'améliorer l'agilité opérationnelle et les performances globales, comme le souligne un communiqué de l'entreprise.







