La centrale nucléaire de Tchernobyl, située en Ukraine, est depuis le début du conflit avec la Russie, sous la menace d'attaques militaires répétées. La situation actuelle complique les travaux de consolidation nécessaires pour assurer la sécurité du site, toujours vulnérable aux bombardements, relèvent plusieurs sources, dont Le Monde.
Ce mardi 14 avril, Greenpeace a mis en lumière les risques critiques encourus si l'enceinte de confinement de la centrale devait subir un effondrement. D'après l'ONG, cela pourrait entraîner des rejets radioactifs dans l'environnement, comme rapporté par HuffPost.
L’infrastructure de Tchernobyl comprend un sarcophage en acier et béton, construit rapidement après l'accident de 1986, ainsi qu'une nouvelle enceinte de confinement installée en 2016. Cependant, en février 2025, un drone russe a endommagé cette dernière, exacerbant les inquiétudes quant à sa protection, comme le souligne le rapport de Greenpeace.
Dans leur dernier rapport, Greenpeace fait état de la détérioration des capacités de confinement de l’enceinte externe. L'ONG avertit que malgré des réparations effectuées, la structure ne peut garantir une sécurité totale. Shaun Burnie, spécialiste du nucléaire pour Greenpeace Ukraine, explique : "Cela accroît le risque de rejets de radioactivité dans l’environnement, notamment en cas d’effondrement de l’enveloppe interne".
Burnie ajoute qu'à l'intérieur du sarcophage se trouvent encore quatre tonnes de poussière radioactive et un grand nombre de granules de combustible. "La situation est alarmante. En raison de l’incapacité de réparer la nouvelle enceinte de confinement, nous sommes face à un danger chronique de rejets radioactifs", a-t-il précisé.
Une situation d'une dangerosité inédite
Greenpeace recommande une déconstruction rapide des éléments instables de l’enceinte interne pour prévenir un potentiel effondrement. La guerre rend ces opérations particulièrement délicates, puisque des missiles continuent de survoler la zone, d’après Burnie. "Quarante ans après l'accident de Tchernobyl, la Russie mène toujours une véritable guerre nucléaire contre l'Ukraine et l’Europe", a-t-il affirmé.
Sergiy Tarakanov, directeur de la centrale de Tchernobyl, quant à lui, a qualifié la situation de très « dangereuse », indiquant que toute frappe près du site pourrait provoquer des effets dévastateurs. "Un impact à 200 mètres de l’enceinte de confinement pourrait équivaloir à un tremblement de terre", a-t-il déclaré, rappelant que les particules radioactives n’ont pas de frontières, un constat alarmant selon lui.
Le coût des travaux de restauration du sarcophage est estimé à près de 500 millions d'euros, a rapporté le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, alertant une fois de plus sur la nécessité urgente d’une intervention internationale pour sécuriser ce site hautement sensible.







