Alors que le groupe Europlasma a révélé qu'il entrait en négociations pour vendre son pôle défense, l'incertitude plane sur les Forges de Tarbes. Ce site industriel unique en France est le seul à produire des corps creux d'obus de 155 mm, particulièrement utilisés par les canons Caesar déployés en Ukraine.
Une vente qui interroge
Europlasma, spécialisé dans la reprise de sites industriels, a décidé de céder des actifs, dont les Forges de Tarbes, acquises en 2021 pour seulement 10 000 €. L’entreprise avait reçu un soutien financier important, avec une augmentation de capital de 2 millions d'euros, mais elle espère désormais récolter jusqu'à 150 millions d'euros de cette vente. Chose notable, cette annonce a immédiatement propulsé l’action d'Europlasma en bourse.
Dans son communiqué, le groupe a mentionné des discussions avec un « investisseur français », sans fournir de détails. La députée LFI, Aurélie Trouvé, a annoncé son intention de demander à l'Autorité des marchés financiers de faire la lumière sur cette transaction potentielle, insistant sur la nécessité d'une transparence totale.
Cette cession arrive à un moment délicat, alors qu’Europlasma fait l'objet d'une enquête parlementaire sur la gestion de ses actifs industriels face aux fonds spéculatifs, notamment Alpha Blue Ocean, dont les dirigeants ont été interrogés par les parlementaires.
Des salariés inquiets depuis longtemps
Sur le terrain, les employés de Tarbes ne sont pas surpris par cette annonce et expriment leur méfiance quant à la viabilité financière d’Europlasma. Depuis 2021, ils ont connu des hauts et des bas, oscillant entre espoir et crainte, surtout avec l'augmentation inattendue de production suite au conflit en Ukraine.
En dépit des promesses d'Europlasma d'augmenter la production de corps d'obus et des investissements gouvernementaux d’environ 7 millions d'euros, la réalité reste mitigée. L’usine a récemment rencontré des difficultés, notamment un ralentissement de la production pour raisons d'approvisionnement en acier, ce qui soulève des questions sur la gestion interne.
Les élus des Hautes-Pyrénées ont pris l'initiative d'écrire à la ministre des Armées pour sensibiliser le gouvernement à cette situation critique, réclamant la formation d'un comité de suivi pour veiller à la pérennité de cette activité essentielle pour la défense industrielle et militaire du pays.







