Les députés ont franchi une étape importante en adoptant une loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 15 ans, une démarche d'une grande portée pour protéger la santé mentale des adolescents. Cependant, cette décision suscite des réactions variées parmi les jeunes concernés et leurs parents, alors que certains expriment leur satisfaction tandis que d'autres affichent des réserves.
Esther, élève en classe de Première à Paris, se montre enthousiaste : « C'est super à première vue, mais il ne faut pas oublier qu'à 15 ans, ils plongeront directement dans un monde numérique déjà saturé. Pourquoi ne pas considérer une interdiction jusqu'à 14 ans pour préparer les élèves avant leur entrée au lycée ? » Elle souligne la nécessité de trier les réseaux sociaux en interdisant ceux à défilement ininterrompu, qui peuvent nuire aux jeunes.
Aya, une collégienne de 11 ans, exprime une opinion nuancée. « D'un côté, c'est bien, mais d'un autre, cela peut rendre certains adolescents fous, car ils perdent le contact avec d'autres activités. Et comment faire en cas d'urgence si nous n'avons plus accès à des applications comme WhatsApp ? »
Dans un lycée professionnel à Marseille, une lycéenne de 16 ans confie avoir supprimé TikTok. « C'était trop prenant, cela m'empêchait de me concentrer sur mes devoirs. Je trouve cette interdiction pertinente », affirme-t-elle.
Un sondage établi par Odoxa en août 2025 révèle que 79 % des parents soutiennent l'interdiction et que 67 % des jeunes la jugent justifiée, malgré les inquiétudes concernant le harcèlement en ligne et l'impact sur la santé mentale.
Vers une éducation numérique plus complète
Malgré ces nouvelles lois, plusieurs parents, comme Emmanuelle Poudréas, expriment des doutes : « C'est un pas important, mais cela ne suffira pas. Nous avons besoin d'une mobilisation de toutes les institutions pour préparer nos jeunes à être de véritables citoyens dans le monde numérique. Comment peut-on interdire certaines applications alors que d'autres sont utilisées dans les établissements scolaires ? »
Certains experts, tels que Grégoire Ensel de la FCPE, recommandent la mise en place d'un programme éducatif renforcé pour enseigner la vie numérique dès le collège. Emmanuel Garot, président de la Peep, abonde dans ce sens, insistant sur l'importance de la responsabilisation des jeunes ainsi que du rôle des parents dans l'utilisation des réseaux sociaux.
Créativité et adaptation des jeunes
Yliès, un collégien parisien en classe de 4e, a déjà anticipé les moyens de contourner cette nouvelle loi. « Si je veux continuer à utiliser Snapchat ou TikTok, je peux toujours créer un nouveau compte en disant que je suis né en 2004. » Cette capacité d'adaptation des jeunes soulève des questions sur l'efficacité d'une interdiction.
L'interdiction pourrait servir de signal clair afin d'encourager une prise de conscience collective. Cependant, il est crucial de ne pas sous-estimer l'ingéniosité des jeunes qui, comme le souligne Emmanuel Garot, trouveront toujours des solutions alternatives.







