Parents et adolescents expriment des sentiments partagés suite à la proposition d'interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Votée récemment à l'Assemblée nationale, cette mesure pourrait changer la donne pour la rentrée scolaire de 2026.
Esther, élève de Première à Paris, voit des avantages à cette initiative. "C'est super sur le papier", confie-t-elle. Cependant, elle s'inquiète des conséquences futures : "Quand on atteindra 15 ans, les jeunes seront submergés d'un coup. Il vaudrait mieux interdire jusqu'à 14 ans pour faciliter l'entrée au lycée".
Pour elle, il serait aussi judicieux de bannir certains réseaux qui encouragent le scrolling, néfaste pour la santé mentale, tout en maintenant d'autres outils essentiels pour la sociabilité.
Aya, une jeune de 11 ans, partage cet avis nuancé. "C'est à la fois positif et négatif", explique-t-elle. "Certains deviennent accros, c'est dangereux, surtout avec le contenu inapproprié sur TikTok. Mais c'est une manière d'alerter rapidement mes parents en cas d’urgence".
À Marseille, une élève de 16 ans a déjà pris les devants en supprimant TikTok de son téléphone. "Ça m'occupait trop l'esprit, je laissais mes devoirs de côté. Je trouve que cette interdiction est une bonne idée".
Un sondage Odoxa de 2025 révèle que 79% des parents soutiennent cette interdiction, tandis que 67% des jeunes s'y déclarent favorables. Les avis des jeunes mettent également en lumière des réalités inquiétantes : près de la moitié se sont déjà sentis mal à l'aise en comparaison avec d'autres en ligne, un nombre non négligeable évoquant des expériences de harcèlement.
Cependant, au-delà de l'interdiction, beaucoup comprennent que cette décision n'est qu'une première étape. Emmanuelle Poudréas, touchée personnellement par le suicide de son fils victime de cyberharcèlement, souligne l'importance d'une approche préventive. "C'est un début, mais il faut une mobilisation plus large pour préparer nos jeunes à l'ère numérique".
La Peep, Fédération des parents d'élèves, partage ce ressenti. Son président, Emmanuel Garot, note que cette mesure pourrait engendrer une prise de conscience, mais rappelle la nécessité d'une véritable éducation et responsabilisation des jeunes autant que des plateformes.
Par ailleurs, Yliès, collégien à Paris, ne cache pas sa frustration face à l'éventuelle interdiction. "Que vais-je faire ? Je vais me retrouver à regarder le mur!", lance-t-il, tout en prévoyant déjà des méthodes pour contourner la réglementation.
En somme, la question de l'interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes ne fait que commencer à s'installer dans le paysage éducatif français, ouvrant la voie à des réflexions plus approfondies sur la parentalité, l'éducation et la responsabilité numérique.







