Les résultats d'une analyse publiée par Carbon Brief révèlent qu'en 2025, une centaine d’éditoriaux de la presse britannique se sont opposés à la lutte contre le dérèglement climatique, dépassant les voix favorables à la cause. Ce renversement semble être directement lié à un virage à droite du Parti conservateur britannique.

En examinant plus de 1 300 éditoriaux des quinze dernières années, Carbon Brief souligne que 2025 marque un tournant significatif. Les journaux au positionnement politique affirmé comme le Sun, le Daily Mail ou le Telegraph ont présenté des critiques acerbes des objectifs de neutralité carbone, alignant leurs vues sur le populisme de droite du parti Reform UK.

"Tous les éditoriaux hostiles à l'action climatique proviennent de journaux alignés à droite."

À l'inverse, 46 éditoriaux favorables aux initiatives écologiques ont émergé majoritairement dans des publications centrées ou de gauche, comme The Guardian ou Financial Times, des titres qui, bien que respectés, bénéficient d'un lectorat moins large que leurs homologues conservateurs.

Des critiques ciblées sur les politiques écologiques

Les éditoriaux de 2025, s'ils ne remettent pas en cause l'existence du dérèglement climatique, se focalisent sur la critique des solutions proposées, souvent jugées irréalistes ou coûteuses. Carbon Brief précise que 87 % d'entre eux évoquent des préoccupations économiques, citant les objectifs de neutralité carbone comme des initiatives "ruineuses" qui augmentent le prix de l'énergie.

Les attaques sont particulièrement virulentes contre Ed Miliband, ancien leader travailliste et actuel secrétaire d'État à la Sécurité énergétique. Les journaux ne manquent pas d'accuser Miliband de privilégier des politiques climatiques jugées à l'opposée des réalités économiques tout en le surnommant "Miliboeing" en référence à ses voyages fréquents.

Cette tendance de la presse britannique à adopter une position défavorable contre l’action climatique soulève des questions préoccupantes quant à l'avenir des débats publics sur l'environnement. Alors que le monde tente de faire face à une crise climatique grandissante, la voix de la presse pourrait devenir un obstacle plutôt qu’un vecteur de changement.