Après une augmentation notable de 5,1 % en 2022 et de 5,3 % en 2024, la revalorisation prévue pour 2025 pourrait être moins favorable, laissant présager une éventuelle stagnation face à l'inflation. Voyons de plus près les enjeux qui se dessinent.
Revalorisation et pouvoir d'achat des retraités
L'inflation a lourdement affecté le pouvoir d'achat des Français depuis 2022. Toutefois, les retraités bénéficient d'un mécanisme de revalorisation annuelle de leurs pensions, aligné sur le taux d'inflation de l'année précédente. Ainsi, le 1er janvier 2024, les pensions ont été ajustées à la hausse de 5,3 %.
Cependant, ce dispositif est encadré par le Code de la sécurité sociale, laissant une marge de manœuvre au gouvernement. L’exécutif peut choisir de revaloriser les pensions à un rythme inférieur à l'inflation, comme cela a été le cas les années passées, ou décider de gel complet des retraites, une option envisagée lors de certaines crises budgétaires.
Le contexte budgétaire et politique de la revalorisation
La possibilité d'une revalorisation moindre en 2025 est une préoccupation croissante. Thomas Cazenave, ministre des Comptes publics, a récemment abordé la question sur France Inter, évoquant la nécessité de discussions pour le budget 2025. En raison d'une situation budgétaire plus fragile que prévu, le gouvernement doit identifier jusqu'à 20 milliards d'euros d'économies.
Les prévisions d'inflation en baisse, autour de 3 % en 2024, sur fond de tension politique, ajoutent à la complexité de la situation. Emmanuel Macron a exprimé son inquiétude quant aux mesures d'économie proposées, notamment dans un contexte préélectoral où le parti au pouvoir n'affiche pas de résultats encourageants dans les sondages. Les choix difficiles qui pèsent sur le budget à venir devront concilier la nécessité de maintenir un soutien aux retraités tout en répondant aux exigences de rigueur budgétaire.
La revalorisation des pensions complémentaires Agirc-Arrco
Une autre préoccupation majeure concerne les retraites complémentaires Agirc-Arrco. Lors de la dernière revalorisation en novembre, une augmentation de seulement 4,9 % a été convenue, suivie d'une projection de revalorisation en dessous de l'inflation de 0,4 % pour les trois années suivantes. Bien que les partenaires sociaux aient laissé ouverte la possibilité d'une révision de cette décision si nécessaire, l'incertitude persiste jusqu'à la prochaine évaluation en novembre prochain.







