Un tournant majeur vient d'être marqué dans la gestion des vagues de chaleur en France. L'exécutif a décidé, ce vendredi 10 juillet, de mettre en œuvre le plan Orsec spécifique aux « chaleurs extrêmes », un mécanisme inédit visant à coordonner efficacement tous les acteurs mobilisés pour faire face à cet événement climatiques exceptionnel.
En réponse à la troisième canicule en moins de deux mois, le gouvernement a déclaré ce jour même l'activation de ce dispositif dans les départements touchés par une vigilance rouge, comme l'a rapporté Météo France. Il s'agit d'une première historique, car le plan Orsec, habituellement réservé aux catastrophes telles que les inondations ou les incendies, n'avait jamais été utilisé pour gérer des vagues de chaleur.
Signifiant « organisation de la réponse de sécurité civile », le plan Orsec a été créé dans les années 1950 et a évolué avec la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004. En cas de besoin, il permet au préfet de mobiliser et de coordonner divers services, y compris les pompiers, le Samu, la police, et les gestionnaires des infrastructures essentielles telles que l'eau et l'électricité.
Pour faire face à cette crise thermique, le préfet met en place un centre opérationnel à la préfecture pour centraliser les informations et orienter les décisions. Si les effets de la canicule touchent plusieurs départements, l'un des sept préfets de zone de défense prend le relais, soutenu par des préfets maritimes en cas de besoin en mer. Il est important de noter que ce mécanisme est flexible et peut être ajusté selon le type de crise, avec des volets adaptés, comme Orsec-Novi pour les situations à nombreuses victimes.
Ce qui change avec le plan « chaleurs extrêmes »
Le plan Orsec a déjà été mobilisé lors de diverses crises : inondations dans le Var en 2010, l'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge en 2013, ou encore l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, nécessitant la mise en place de plans spécifiques pour gérer un afflux important de victimes. Historiquement, des cas tels que la rupture du barrage de Malpasset en 1959 ont aidé à établir ce cadre d'urgence.
Auparavant, la gestion de la chaleur était principalement prise en charge dans le cadre des volets sanitaires liés au plan national canicule initié après l'épisode tragique de 2003. Ce volet se concentrait sur la santé publique, souvent géré par les Agences régionales de santé (ARS) et ne couvrait pas les nombreuses dimensions d'une crise comme celle des chaleurs extrêmes.
La mise en place du plan Orsec « chaleurs extrêmes », annoncée par le gouvernement lors d'une cellule interministérielle de crise, élève la problématique des vagues de chaleur au statut de catastrophe ayant besoin d'une gestion spécifique, comparable à des inondations ou des tempêtes. Avec ce dispositif, le préfet a des prérogatives étendues, y compris la possibilité de reporter des événements, ajuster les horaires de travail, ou encore établir des centres de rafraîchissement accessibles dans chaque département.
La canicule, un risque majeur
Une des nouveautés apportées par ce plan concerne le ciblage des publics vulnérables. Il y a une exigence pour un recensement renforcé des individus isolés, souvent des aînés vivant seuls en milieu urbain, qui sont particulièrement touchés lors des vagues de chaleur. Les préfets doivent s'appuyer sur des bases de données à jour en collaboration avec les communes, la Caisse centrale d'activités sociales (CCAS) et la CAF, tout en mobilisant le réseau des facteurs de La Poste pour identifier ces personnes isolées.
Cette initiative survient alors que la France fait face à sa troisième canicule en deux mois. En classifiant les chaleurs extrêmes comme un risque majeur, le gouvernement reconnaît que ces vagues de chaleur ne doivent plus être considérées comme des événements ponctuels, mais bien comme des crises qu'il soit impératif d'anticiper et de gérer.







