La tolérance envers les minorités demeure à un niveau jugé "élevé" en 2025, selon le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH). Toutefois, celle-ci insiste sur la nécessité de déconstruire les préjugés liés au racisme et à l'antisémitisme dès le plus jeune âge.
L’indice longitudinal de tolérance, outil employé par la CNCDH pour évaluer cette évolution, atteint un score de 64 sur 100, soit une légère baisse par rapport aux records de 2022 et 2021. Ce baromètre, établi depuis 1990 et dirigé par le chercheur Vincent Tiberj, repose sur des enquêtes en ligne et en présentiel.
"Au cours des 36 dernières années, nous avons observé une acceptation croissante des minorités, malgré des fluctuations dues à des facteurs conjoncturels tels que des attentats ou des crises économiques," note la CNCDH.
Depuis 2016, la tendance générale est à la hausse, bien qu'une chute significative ait été observée en 2023, événement coïncidant avec la guerre à Gaza, qui a exacerbé les tensions en France.
Parmi les facteurs favorisant la tolérance, la commission souligne l'importance de l'éducation, du changement de générations et des échanges interculturels. Cependant, certaines minorités continuent de faire face à des préjugés tenaces; les Roms, par exemple, sont perçus comme un groupe à part par 64% des personnes interrogées.
Le rapport indique également que les sentiments anti-immigrés sont souvent liés à d'autres formes de haine. "Plus le rejet des immigrés est présent, plus le rejet des personnes perçues comme juives, musulmanes, asiatiques ou noires l'est aussi," souligne le document.
Dans un contexte où les immigrés sont souvent stigmatisés, des chiffres préoccupants émergent : 59% des sondés estiment que de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour bénéficier de la protection sociale, et 44% blâment l’immigration pour l'insécurité.
La CNCDH met en avant le rôle crucial de l'éducation dans la formation des préjugés, précisant qu'ils s'installent souvent très tôt via les transmissions culturelles et sociales. Pour lutter contre ce phénomène, la commission appelle à des politiques éducatives proactives, notamment en proposant des supports pédagogiques variés et adaptés aux enfants.
L’adolescence est également identifiée comme une période clé où les préjugés peuvent se renforcer. Le sport, bien qu'il encourage le respect et l’inclusion, peut aussi être le terrain de reproduction de stéréotypes et de banalisation du racisme.
Des comportements discriminatoires, s'ils ne sont pas sanctionnés, risquent d’être normalisés par les jeunes, avertit le rapport. Par ailleurs, l'exposition précoce à la pornographie, exacerbée par les réseaux sociaux, véhicule des représentations stéréotypées nuisibles.
Malgré la persistance de ces préjugés, la CNCDH souligne que des expériences de diversité et de rencontre peuvent aider à les déconstruire. "Les préjugés, bien que profondément ancrés, ne sont pas immuables," affirme-t-elle.







