Marc J. vit un véritable cauchemar depuis que sa vie a basculé à cause d'un test salivaire. "J'ai été traité comme si j'étais un dealer", déclare-t-il. Selon des spécialistes en pharmacologie, ces tests de dépistage pourraient présenter des faille techniques, entraînant des résultats inexactes. Des témoignages comme ceux de Marc s'accumulent, laissant entrevoir de réels problèmes.
Un rapport établi par le professeur Amine Larabi, président de la Société française de toxicologie analytique, révèle qu'environ 14.8 % des tests, parmi 2.328 effectués entre janvier 2025 et avril 2026, se sont soldés par des faux négatifs. Par ailleurs, 2 % des résultats étaient des faux positifs, souligne l'AFP.
Les forces de l'ordre ont mené 1,2 million de dépistages de stupéfiants en 2024, dont 132.800 testés positifs, indique la Sécurité routière. Pour ces dépistages, la police utilise des tests salivaires fournis par la société Dräger, capables de détecter différents types de drogues, dont le cannabis et les amphétamines.
La Sécurité routière affirme que ces tests sont conformes à des normes de fiabilité strictes et qu'aucun problème significatif n'a été rapporté. Cependant, Dräger n'a pas répondu aux demandes d'information sur le sujet.
D’après la Sécurité routière, plusieurs facteurs peuvent influencer un test positif. Par exemple, des médicaments tels que les décongestionnants ou certains antidépresseurs peuvent tromper le dépistage. "La seconde analyse en laboratoire est celle qui apporte une valeur probante", précise-t-elle.
Le professeur Larabi avertit également de la possibilité de tests positifs suite à une "consommation passive". "Les standards de détection sont fixés à 15 nanogrammes par millilitre de salive", souligne-t-il.
Quant aux faux négatifs, des experts comme Jean-Claude Alvarez mettent en évidence que les tests ne détectent le THC que lorsqu'il dépasse le seuil légal, compliquant ainsi la situation pour de nombreux usagers. "La réglementation sur le cannabidiol (CBD) est floue", ajoute l'avocate Me Laureen Spira. Elle a déjà reçu une dizaine de clients en un mois, touchés par des résultats de tests inexplicables.
Pour un premier test positif, le dispositif prévoit une rétention du permis, pouvant aller jusqu'à un an pour un second test positif. Les poursuites judiciaires peuvent également conduire à une suspension de permis de cinq ans.
Pourtant, contester ces tests devient difficile. La Cour de cassation a estimé que les forces de l'ordre n'ont pas besoin de prouver la fiabilité des tests lors des contrôles.
Marc J., chauffeur routier, a été contrôlé positif après être sorti d'une boutique de CBD et déplore des irrégularités lors de la procédure. "On m'a arraché le test des mains et j'ai été placé en garde à vue après des résultats positifs", raconte-t-il.
Il souligne que, malgré ses demandes, une contre-expertise par analyse sanguine ne lui a pas été proposée, ce qui pourrait avoir eu des conséquences sur son état psychologique et professionnel.
Sans réponse de la préfecture de police, Marc se retrouve désormais avec une amende de 1.200 euros et un permis annulé. Il prévoit de contester cette ordonnance devant un tribunal.







