La situation en Crimée, péninsule récemment annexée par la Russie, devient alarmante avec la suspension de la vente de carburant dans les stations-service. Ce dimanche 21 juin, plusieurs attaques de drones ukrainiens ont causé la mort de cinq personnes, exacerbant la tension dans cette région névralgique du conflit. Selon des sources, le Kremlin utilise activement cette zone pour soutenir ses opérations militaires.
L'armée ukrainienne met en œuvre une stratégie offensive ciblant raffineries, pipelines et dépôts pétroliers en Russie, dans le but de priver Moscou des ressources financières essentielles pour son effort de guerre, qui dure depuis 2022. "L'Ukraine intensifie sa politique de frappes en profondeur sur le territoire russe", explique Guillaume Ancel, ancien officier et auteur de la revue Ne pas subir.
Ce changement de tactique vise à mettre en place une guerre d'usure énergétique, en contournant les hésitations des alliés occidentaux qui craignaient des représailles. "Les Ukrainiens ne se laissent plus intimider par les menaces russes", affirme Ancel. La portée des attaques, allant de 50 à près de 1 000 kilomètres, souligne l'ambition de Kiev d'affaiblir le pouvoir russe.
Le gouverneur de Crimée, Sergueï Aksyonov, a confirmé que la vente de carburant était suspendue, décrivant une situation économique critique. L'objectif ukrainien est clair : rendre la Crimée "invivable" afin de faire douter Vladimir Poutine et de désenclave l'opinion publique russe, traditionnellement épargnée par les horreurs du conflit jusqu'à présent.
Les conséquences de ces actions sont d'ores et déjà bien visibles en Crimée. Ce qui devait être un lieu de villégiature pour les Russes se transforme progressivement en un "no man's land". Les vacanciers, face à la coupure des ressources, craignent pour leur sécurité et leur approvisionnement, rendant les visites impossibles et plongeant la région dans l'incertitude.
Avec comme objectif de rendre ce territoire stérile, Kyiv assume une stratégie audacieuse pour modifier l'équilibre des forces dans la région. "En isolant la Crimée, l'Ukraine envoie un message clair : le contrôle par la force n'est pas durable", conclut Ancel, tout en soulignant que cette tactique pourrait un jour faciliter une négociation sur la fin du conflit.







