En 2025, au moins 58 États et territoires sont encore contaminés par des mines antipersonnel, selon un rapport publié par le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Volker Türk, dans ses déclarations, a exprimé sa profonde inquiétude face au fait que près de trois décennies après l'adoption du Traité d’interdiction des mines antipersonnel, ces armes continuent de causer des blessures et des décès, souvent des décennies après leur installation. "Il est impératif que tous les États se réengagent à mettre un terme à la production et à l’usage de ces armes", a-t-il ajouté.
Le rapport, qui s’appuie sur les contributions de gouvernements, d’ONG et d’organisations humanitaires, fait état d’au moins 1 945 morts et 4 325 blessés en 2024. Parmi les nations les plus touchées figurent la Birmanie, la Syrie, l’Afghanistan, l’Ukraine, le Nigeria, le Mali, le Yémen et le Burkina Faso.
Près de 90 % des victimes sont des civils
La Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel (ICBL) a également exprimé des préoccupations similaires, signalant que plus de 5 000 personnes ont été tuées ou blessées en 2025 dans plusieurs pays, avec environ 90 % des victimes étant des civils. Ce chiffre est corroboré par le Haut-Commissariat, qui note que les enfants représentent plus de 40 % des victimes civiles depuis 1999.
Plus de 5 000 tués ou blessés en 2025 dans 40 pays, affirmant que 90 % des victimes sont des civils.
Les champs minés transforment de vastes territoires en zones d'exclusion, entravant l'exercice de droits fondamentaux et provoquant des déplacements massifs de populations. De plus, des mines placées le long des routes rendent inaccessible l'aide humanitaire et les services essentiels.
Baisse des financements internationaux
Volker Türk a exhorté tous les États, en particulier ceux qui n’ont pas encore ratifié le traité, à agir avec célérité. Il a également salué la décision récente du Liban d’adhérer à la Convention d’Ottawa contre les mines antipersonnel. Cependant, les ressources allouées à la lutte antimines ont chuté dramatiquement, passant de 125 millions à 46 millions de dollars au cours des sept dernières années.
Ce rapport alarmant sera présenté la semaine prochaine au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, soulignant l'urgence d'une action collective et déterminée pour mettre fin à ce fléau humanitaire.







