Lors d'une audition devant la commission des finances du Sénat le 13 mai, Fabien Mandon, chef d'état-major des armées, a exprimé ses inquiétudes concernant l'avenir de l'industrie militaire en France. Sans investissements significatifs, il a prévenu que l'Allemagne pourrait, dans cinq ans, surpasser la France sur le plan militaire.
Bien que Mandon s'exprime rarement publiquement, ses propos sont écoutés au plus haut niveau du gouvernement. Dans un rapport publié par le Sénat, il a souligné que, face à des enjeux de sécurité croissants en Europe, il est essentiel que la France ajuste son modèle de défense.
État des lieux et enjeux futurs
Mandon a déclaré : « Nous n’y sommes pas. Le décrochage est possible, nous ne sommes pas dans le bon modèle. » À un moment où les discussions sur la loi de programmation militaire 2024-2030 battent leur plein, l'expert militaire a insisté sur la nécessité d'une augmentation des budgets défensifs. Actuellement, la France consacre moins de 2,5 % de son PIB à la défense, bien en deçà de l'objectif de 100 milliards d'euros par an fixé par le gouvernement.
Ne s'arrêtant pas là, Mandon a également averti que l’Allemagne augmente ses dépenses militaires, visant à dépenser trois fois plus que la France chaque année. « Si ce rythme se maintient, le fossé sera considérable dans les années à venir », a-t-il déclaré.
D’après lui, le défi principal ne réside pas seulement dans la qualité des équipements, mais dans la capacité de production. Les entreprises françaises, tout en ayant des compétences techniques avancées, peinent à répondre aux besoins de production rapide à moindre coût. « Nous devons être capables de produire efficacement tout en maintenant une haute technologie », a-t-il ajouté.
Appels et expertises
Dans ce contexte, nombreux sont les experts militaires qui corroborent son analyse. Le général (retraité) David Gellé a indiqué : « La capacité collective de nos forces armées est mise à mal par un manque d’investissements adaptés. Nous devons agir pour éviter de devenir la seconde option pour nos partenaires européens. »
Ces déclarations viennent à la suite d'un vote au Sénat, le 3 juin, qui a entraîné la suppression d'une rallonge budgétaire destinée aux armées d'ici 2030. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a appelé à « trouver une solution » pour répondre à ces enjeux pressants.
Les défis militaires sont plus que jamais d'actualité en Europe, et il est crucial que la France prenne conscience de sa position actuelle et des efforts à fournir pour garantir sa sécurité et son influence. Les prochaines années seront décisives pour le renforcement de l'industrie militaire française.







