Une étude récente révèle que les Français restent largement réticents à investir dans la défense. D'après le huitième baromètre de l'épargne mené par l'Ifop pour Altaprofits, seulement 30 % des répondants se déclarent disposés à investir dans des produits d'épargne spécifiquement dédiés à la défense nationale.
Cette proportion, à peine en hausse de 1 point par rapport à l'année précédente, survit à un contexte géopolitique instable, comme la guerre en cours au Moyen-Orient, et alors même que l'État incite au soutien du secteur, notamment avec le lancement en octobre dernier du fonds "défense" par Bpifrance.
Les données montrent que les hommes (39 %) sont plus enclins à investir dans la défense que les femmes (22 %), et que les jeunes de moins de 35 ans (31 %) sont plus ouverts que les personnes de 65 ans et plus (25 %). Sur le plan géographique, les Pays de la Loire caracolent en tête avec 34 % de soutien, suivis de la Bretagne et de l'Ile-de-France, toutes deux à 33 %.
Des réticences à investir dans la défense pour des raisons éthiques et financières
Comme l'indique Catherine Baudeneau, directrice du Marketing et de la Communication d'Altaprofits, "la stabilité des 30 % de Français prêts à investir dans le secteur de la défense, malgré une dégradation géopolitique, témoigne de convictions personnelles et éthiques enracinées dans l’esprit des citoyens".
Parmi les 70 % de Français réticents à soutenir financièrement la défense, 44 % évoquent des raisons 'politiques, éthiques ou morales'. De ce groupe, 24 % estiment que le financement de la défense doit être uniquement à la charge de l'État et des impôts, tandis que 15 % font valoir que cela contredit leurs principes éthiques. Par ailleurs, 5 % affirment que ce type de financement n'est pas compatible avec une politique ESG, qui inclut des considérations environnementales et sociales.
Les raisons économiques et financières sont également un sujet de préoccupation pour 40 % des réfractaires, craignant des risques trop élevés (18 %), un décalage avec leurs attentes et besoins (12 %), des rendements peu attractifs (6 %), ou simplement l'incapacité d'investir en raison de contraintes financières (4 %).
70 millions d'euros levés grâce au fonds "défense"
Face à cette réticence, Altaprofits estime qu'une incitation est essentielle pour orienter les épargnes vers les secteurs spécifiques, notamment lorsque l'on investit dans le non-coté, considéré comme risqué. Le fonds "défense" lancé par Bpifrance, accessible dès 500 euros, a pour but de soutenir plus de 500 entreprises françaises et européennes du secteur de la défense, avec un objectif de rendement de 5 % par an.
Le dernier rapport de Nicolas Dufourcq, directeur de Bpifrance, souligne que le fonds a déjà levé 70 millions d'euros, avec une collecte croissante. L'objectif final est d'atteindre 450 millions d'euros. Par ailleurs, d’autres produits d’investissement sans contrainte de blocage connaissent un succès accru, en se concentrant sur des thématiques plus larges de souveraineté, les rendant moins controversées que le concept de défense.







