Les rançongiciels et autres méthodes d'escroquerie numériques se multiplient, et l’utilisation de notre voix constitue une cible privilégiée pour les cybercriminels. C’est ce que soulignent la CNIL et d'autres experts en cybersécurité, qui mettent en lumière l'importance de protéger notre voix, une donnée personnelle unique et précieuse.
« Notre voix peut révéler des informations délicates comme notre âge, notre état émotionnel ou même notre condition physique », explique Martin Bieri, chargé d’études au Laboratoire d’innovation numérique (LINC) de la CNIL. Selon lui, cette spécificité en fait une proie facile pour les escrocs.
Ces nouvelles arnaques, notamment celles reposant sur des technologies d'intelligence artificielle, deviennent de plus en plus sophistiquées. Par exemple, l’usurpation d’identité par le biais de la voix, bien que déjà connue avec des escroqueries comme le *"vishing"*, est maintenant renforcée par l'usage de l’IA. Cela évoque le phénomène des hypertrucages qui permettent de cloner des voix à partir d’enregistrements, comme le souligne une analyse de Ici.
Cependant, Martin Bieri reste optimiste. « Pour le moment, il est encore difficile de reproduire une voix avec précision à partir d'un simple appel. Les escrocs cherchent des moyens plus élaborés et il est essentiel de rester prudent », souligne-t-il.
Comment protéger sa voix au quotidien ?
Les experts recommandent plusieurs mesures pour minimiser les risques. Tout d’abord, il est crucial de configurer correctement vos appareils connectés. « Il est préférable de conserver les données vocales localement sur votre appareil plutôt que sur un serveur distant, où elles seraient vulnérables en cas de fuite », ajoute-t-il. Par exemple, votre assistant vocal ou votre smartphone devrait avoir des paramètres de confidentialité ajustés pour éviter tout enregistrement non désiré.
En parallèle, la CNIL rappelle que la loi protège notre voix depuis plus de 50 ans, interdisant son enregistrement sans consentement. Néanmoins, face à ces nouvelles technologies, la vigilance est de mise. Rester informé et adopter des pratiques de cybersécurité robustes est essentiel pour préserver non seulement sa voix, mais aussi l’ensemble de ses données personnelles.
Enfin, une prise de conscience collective des menaces numériques est nécessaire pour contrer l'érosion de la vie privée à l'ère numérique. En collaborant et en partageant des conseils de sécurité, chacun peut contribuer à un environnement numérique plus sûr.







