Le 28 mai dernier, la préfecture a décidé de ne pas autoriser l'implantation d'un crématorium dans la zone d'activité de la Gare, à Saint-Germain-en-Coglès, en Ille-et-Vilaine. Ce projet, annoncé trois ans plus tôt, a soulevé de vives discussions au sein de la communauté locale.
Un des grands points de controverse concernait l'emplacement proposé pour cet établissement : une zone de captage d'eau, alimentant plus de la moitié des résidents du département par le biais du ruisseau du Vocadieu. Les craintes quant à la contamination de l'eau potable ont été au centre des préoccupations. D'après une étude menée par l'association locale Nature en Ville, "le crématorium aurait pu relâcher du mercure, ce qui aurait eu des conséquences directes sur la qualité de l'eau des habitants".
Mobilisation citoyenne et environnementale
Des groupes comme Bienvenue à la Gare et la Passiflore ont fortement milité contre le projet, mettant en avant les effets nocifs potentiels sur l'environnement. La pression exercée par ces associations a visiblement influencé la décision de la préfecture.
En parallèle, des questionnements sur la gestion du crématorium ont émergé : une gestion publique s'impose-t-elle face à une délégation à un acteur privé ? Les associations souhaitent une gestion en régie publique, tandis que la municipalité a opté pour la société Générys.
Tensions au sein de la communauté
Rodolphe Hameau, maire de Saint-Germain-en-Coglès, a exprimé son soutien à l’initiative initiale tout en admettant la nécessité de répondre aux inquiétudes d’un public éclairé. Il a déclaré : "C'est le principe de précaution qui a parlé. Au départ, nous n'avions pas conscience des répercussions d’un tel projet". Cette déclaration souligne le besoin d'une réflexion approfondie pour éviter des conflits passionnés entre partisans et opposants.
Malgré ce revers, il existe un consensus sur la nécessité d'un crématorium dans la région, actuellement desservie par des établissements éloignés comme ceux de Villedieu-les-Poêles et Vern-sur-Seiche. Avec une tendance croissante vers la crémation, notamment observée dans une récente étude Ifop où un Français sur deux opte désormais pour cette pratique, la question d'une solution locale reste cruciale.







