En l'espace d'une semaine, plusieurs installations hospitalières engagées dans la lutte contre l'Ebola en République Démocratique du Congo (RDC) ont subi des attaques dans le nord-est du pays. Alors que le bilan des victimes pourrait atteindre 220 à travers le pays, ces violences, alimentées par la méfiance et la désinformation, ralentissent considérablement les efforts pour contenir le virus.
La crainte et les rumeurs diffusées au sein de la population rendent le combat contre la propagation du virus d'autant plus périlleux. Le 21 mai dernier, des jeunes manifestants ont attaqué un centre de soins en demandant le corps d'un proche décédé d'Ebola, rapportait le média congolais Actualité. CD. Au cours de cet événement, des patients avaient fui dans le chaos.
Un autre incident a eu lieu dans la nuit du 22 au 23 mai, lorsqu'un hôpital à Mongbwalu a été incendié et envahi le lendemain par une centaine de manifestants. Ce type d'incidents, qui sont devenus fréquents dans la province de l'Ituri — désormais épicentre de l'Ebola —, complique les efforts de santé publique dans la région.
“Les équipes de santé rencontrent fréquemment la résistance des habitants dans l'est de la RDC, qui ne comprennent pas pourquoi des protocoles funéraires stricts leur sont imposés pour éviter la transmission du virus”, a relaté Al-Jazeera.
Une urgence “de portée internationale”
Lors d'une récente déclaration, Radio Okapi a cité Jean-Pierre Bikilisende, député de l’Ituri, affirmant : “Certaines personnes propagent de fausses informations affirmant que l'Ebola n'existe pas.” Depuis la mi-mai, 17 décès ont été officiellement rapportés, bien que le chiffre réel pourrait atteindre 220. Actuellement, 121 cas sont confirmés en RDC et 7 en Ouganda, menaçant potentiellement d'autres pays africains. L'OMS a qualifié la situation d'“urgence de santé publique de portée internationale” le 17 mai.
Les superstitions et la désinformation persistent, rappelant le contexte des précédentes épidémies. Daniela Manno, épidémiologiste clinique à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, souligne que durant l'épidémie de 2018-2020, “l'insécurité et la méfiance au sein de certaines communautés entravaient la traçabilité des cas contacts, la vaccination et la réponse des autorités,” tel que mentionné dans The Guardian.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’aucun traitement n'est actuellement disponible pour le virus Ebola Bundibugyo, à l'origine de l'épidémie en cours, et un vaccin pourrait encore prendre des mois à être développé. Par ailleurs, la présence du groupe armé antigouvernemental M23 dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, où des cas ont été recensés, complique davantage la gestion de cette crise sanitaire.







