Si vous avez un ancêtre canadien et que vous pouvez le prouver, cette nouvelle loi pourrait bien changer votre vie. En effet, grâce à des modifications récentes, des milliers de personnes, notamment des Américains, se voient offrir l'opportunité de devenir citoyens canadiens. Cependant, cette situation ne fait pas l'unanimité au sein de la population canadienne.
Eve Greenfield, une parajuriste de 57 ans, originaire de Chicago et maintenant implantée au Canada, a consacré de nombreuses années à gérer les demandes de visas et de cartes vertes pour les Canadiens. Mais selon un article de CTV News, elle a récemment décidé de mener à bien un projet personnel : retracer l'histoire de sa famille jusqu'à sa grand-mère Gertrude Greenfield, née au Manitoba. Elle s'est réjouie en déclarant : “Eve est désormais fière d’être canadienne […] grâce à une modification de la loi canadienne.”
Entrée en vigueur le 15 décembre dernier, cette réforme, issue d'une loi portée par le gouvernement libéral, lève la limite de première génération pour obtenir la citoyenneté. Comme l'explique un rapport de CBC, ce changement fait suite à une décision de justice de 2023 qui a jugé cette limite inconstitutionnelle. Selon Cassandra Fultz, consultante en immigration, il n'y a désormais plus de contrainte sur le nombre de générations pour lesquelles on peut revendiquer la citoyenneté, tant que l'on fournit les documents nécessaires tels que certificats de baptême ou de mariage.
Avocats submergés de demandes
Ce changement a engendré une réelle demande, et les avocats spécialisés en immigration, tant aux États-Unis qu'au Canada, sont débordés par des requêtes de clients souhaitant des conseils pour leur demande de citoyenneté. Associated Press indique que ce regain d'intérêt est motivé par des considérations politiques et un désir de renouer avec ses racines, tant pour des opportunités professionnelles que pour des raisons personnelles.
En fait, des millions d'Américains pourraient potentiellement être éligibles, selon un article publié par The New York Times. Pour beaucoup, obtenir la citoyenneté canadienne représente un lien avec leur passé familial. L'histoire montre que, par exemple, au milieu du XVIIIe siècle, près de 10 000 colons français, appelés Acadiens, furent expulsés des provinces atlantiques pour avoir refusé de prêter serment à la Grande-Bretagne. De même, entre 1840 et 1930, environ 900 000 Canadiens français ont quitté le Québec en quête d'emplois en Nouvelle-Angleterre.
Que représente la citoyenneté ?
La question de l'héritage migratoire suscite des débats au Canada. Selon un article du National Post, “le Canada distribue la citoyenneté comme des bonbons”, suscitant des craintes quant à la dilution des liens réels avec le pays. Le quotidien souligne la différence entre ceux qui choisissent de s’établir au Canada et ceux qui n’ont qu'un ancêtre lointain comme connexion.
À partir de maintenant, selon un rapport de BBC, il est également à noter qu'afin de transmettre la citoyenneté à leurs enfants, les parents canadiens devront avoir résidé au Canada pendant au moins 1 095 jours.







