La loi visant à freiner l'essor des produits d'"ultra fast fashion", adoptée par le Sénat, reste sans action concrète. Sur RTL, le 6 mai, Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, a exprimé son indignation face à ce qu'il qualifie de "manque de volonté politique" pour faire avancer ce texte.
Adoptée à l'unanimité le 10 juin 2025, la loi ne s'est pas encore vue présentée en commission mixte paritaire, une étape cruciale pour son adoption définitive. "Un foutage de gueule", a déclaré Rivoallan, qui souligne la situation précaire de nombreuses marques affectées par cette inaction. Il a précisé qu'une enseigne disparaît chaque semaine, contrastant avec les promesses gouvernementales.
Un "manque de courage politique"
Face à la flambée des critiques à l'égard de la fast fashion, un projet de loi a été proposé par la députée Horizons Anne-Cécile Violland. Ce texte vise à instaurer des mesures de sensibilisation des consommateurs, interdire la publicité sur ces produits peu durables et instaurer une taxe sur les petits colis importés de l'extérieur de l'Union européenne. Cependant, cette loi attend son examen en commission mixte depuis un an, causant frustration et inquiétude au sein du secteur.
Rivoallan a mis en garde : "Des milliers d'emplois sont en péril à cause de l'inaction", soulignant la nécessité de mesures rapides pour préserver le marché. Ses déclarations font écho à celles d'autres experts, qui pointent du doigt l'énorme impact des géants comme Shein et Temu sur les marques traditionnelles.
Shein et Temu "détruisent le marché"
Ce projet de loi se veut punitif envers les acteurs du commerce en ligne tels que Shein et Temu, qui inondent le marché de produits à prix très bas, souvent issus de l'"ultra fast fashion". Rivoallan a affirmé : "Elles représentent une menace sérieuse pour la viabilité des marques de mode établies, en attirant les consommateurs avec des prix défiant toute concurrence, au détriment des enseignes traditionnelles." Ces préoccupations ont également été soulevées par des commentateurs économiques, qui s'inquiètent de la dégradation du marché français dans son ensemble.







