L'emblématique raffinerie de sucre Beghin-Say, qui occupe une place prépondérante dans l'histoire industrialo-portuaire de Nantes, a été officiellement classée au titre des monuments historiques. Annoncée à la fin mars, cette décision a été révélée ce mercredi par la Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire. L'un des éléments les plus marquants de cette usine est sans conteste sa haute cheminée, mesurant 83 mètres de haut, visible dès l'approche en provenance du Pays de Retz.
"Implantée en bord de Loire, elle est emblématique de l’histoire industrialo-portuaire nantaise", a déclaré la Drac, ajoutant que la raffinerie est représentative "d'une architecture à ossature métallique longtemps en vigueur". Ce classement fait suite à une demande portée par le collectif des associations du patrimoine industriel et portuaire.
Bombardée pendant la guerre et reconstruite en urgence
Inaugurée en 1937, la raffinerie permet une production journalière de 200 tonnes de sucre. À proximité, une papeterie a également vu le jour pour la fabrication d'emballages. En plus des bâtiments historiques, le classement englobe l’ancien atelier, l’ancien entrepôt des sucres bruts T nord, ainsi que l'ancienne cartonnerie à "sheds conoïdes". Ce site a subi les affres de la Seconde Guerre mondiale et a été reconstruit en urgence à partir de 1944, avec une réouverture en 1946, nécessitant plusieurs années pour retrouver son plein fonctionnement.
Un temps menacée de fermeture
Au fil des décennies, l'activité de la raffinerie a connu un lent déclin. L’automatisation de ses opérations a conduit à une drastique réduction des effectifs, passant de 300 employés en 1988 à seulement 80 en 2005. Le raffinage du sucre a finalement été interrompu en 2008, ne laissant que l'activité de conditionnement.À un moment, l'usine a même été menacée de fermeture, mais elle a su rebondir, attirant l'attention sur son potentiel historique.
Les experts et passionnés de patrimoine soulignent l'importance de ce classement qui n'est pas seulement une reconnaissance mais aussi une occasion de valoriser un héritage industriel crucial pour la région. Selon un représentant de l’association du patrimoine, "cette démarche de préservation est essentielle pour l'identité de Nantes et l'histoire collective". La protection de l'usine Beghin-Say est ainsi une invitation à s'interroger sur l'avenir du patrimoine industriel français.







