Connaissez-vous les pixels de suivi ? Ces petits fichiers invisibles, de la taille d'un pixel, se glissent dans certains e-mails pour transmettre des informations à l'expéditeur dès leur ouverture. À quelle heure avez-vous ouvert le message ? Dans quelle ville êtes-vous ? Sur quel appareil l'avez-vous consulté ? Ces fichiers peuvent même dévoiler les mots ou liens sur lesquels vous avez cliqué. Ils sont ainsi l'équivalent des cookies, mais dans l'univers des courriers électroniques.
Nacera Bekhat, cheffe du service de l’économie numérique et du secteur financier à la CNIL, explique que ce type de traceur de navigation est utilisé principalement de deux manières. D'une part, pour évaluer la réception et la lecture des messages. Certaines administrations, par exemple, s'en servent pour décider s'il est nécessaire de vous recontacter autrement. D'autre part, ils sont employés à des fins publicitaires afin d'améliorer l'engagement du destinataire en ajustant l'heure et le contenu des messages.
Comment savoir si un pixel de suivi se cache dans un e-mail ?
Il est pratiquement impossible de le détecter à l'œil nu, selon Nacera Bekhat. Ainsi, nous partageons parfois des données dans notre espace personnel, notre messagerie, sans en être informés. Le consentement est censé être requis dès que ces traceurs sont utilisés à des fins commerciales. « C'est souvent un choix à cocher lors de la création d'un compte », rappelle-t-elle. Les utilisateurs sont souvent sollicités pour donner leur accord à l'optimisation des campagnes publicitaires ou à l'amélioration de leur profil, mais rarement sur l'utilisation spécifique de pixels de suivi. Ce dispositif reste largement méconnu, et de nombreuses entreprises en profitent encore pour déposer ces 'espions' dans nos e-mails sans notre consentement explicite.







