L'ancien sénateur de Loire-Atlantique, Joël Guerriau, a été condamné à quatre ans de prison, dont dix-huit mois ferme, pour avoir drogué la députée Sandrine Josso lors d'un dîner à son domicile. Le parquet avait requis trois ans de prison.
Le tribunal correctionnel de Paris a délibéré le mardi 27 janvier 2026 sur l'affaire, marquée par des accusations de soumission chimique, drogues et agression sexuelle. Selon le procureur Benjamin Coulon, Guerriau a sciemment ajouté de la MDMA dans la coupe de champagne de Sandrine Josso lors d'un dîner le 14 novembre 2023.
Ancien sénateur de 2011 à 2025, Guerriau avait lui-même voté en 2018 la loi criminalisant l'administration de substances nuisibles dans le but de commettre des violences sexuelles, une législation qui encadre les peines encourues, pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende. Le procureur a qualifié les actes de Guerriau de "préparés" et "prémédités", soulignant ainsi la gravité de la situation, d'autant plus venant d'un représentant de la République.
Dans sa défense, Guerriau a tenté d'arguer qu'il s'agissait d'une inadvertance, affirmant que la forte concentration de MDMA dans la boisson servie à Josso était accidentelle. Cependant, l'effet sur la députée a été immédiat : elle s'est sentie extrêmement mal et a quitté précipitamment le domicile de l'ex-sénateur, persuadée d'être en danger. Cette expérience traumatisante l'a poussée à s'engager publiquement contre la soumission chimique.
"Il s'agissait d'un agresseur sous les traits d'un ami de longue date", a déclaré Josso lors de son témoignage, soulignant le choc émotionnel et les répercussions sur sa vie. Elle a également mentionné avoir subi six mois d'arrêt de travail et a exigé un dédommagement de 10 000 euros pour le préjudice moral.
Face à ces accusations graves, l'avocat de l'ex-sénateur, Me Marie Roumiantseva, a réclamé la relaxe, arguant que la crédibilité de la plaignante ne suffisait pas à prouver les faits devant un tribunal. Cependant, la décision du tribunal souligne une tendance sociale croissante à lutter contre la soumission chimique et à renforcer la protection des victimes.
Cette affaire ne manquera pas de faire couler beaucoup d'encre et semble appeler à une réflexion sociétale sur la législation entourant les drogues et les comportements déviants, prévenant ainsi d'autres agressions à l'avenir.







