Dimanche, des milliers de personnes ont défilé à Paris pour protester contre la haine raciste, dans une mobilisation lancée par la CGT, le MRAP, la LDH, Solidaires, la FSU et Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis. Ce dernier, récemment dans le viseur d’un déferlement de discours hostiles, a vu sa ville se rassembler sous le soleil de plomb.
« Plus de Dembélé, moins de barbelés », est l’un des slogans aperçus au cours de cette marche, mettant en lumière les préoccupations des manifestants, notamment à quelques mois de la Coupe du Monde. Le parcours, entre Barbès-Rochechouart et le boulevard Magenta, a rassemblé des personnes de tous horizons, unies contre la xénophobie et l’extrême droite.
Bally Bagayoko a souligné l’importance de cette manifestation, déclarant : « C’est une marche pour revendiquer notre attachement viscéral à la République. » Ce rassemblement fait écho aux événements qui ont suivi les dernières élections municipales, où plusieurs maires issus de l’immigration, comme Bagayoko, ont subi des attaques racistes croissantes.
« Nous appelons à la fraternité. Ce n’est pas juste un mot à la mode ».
Pour Gérard Ré, de la CGT, ce type de mobilisation est essentiel. « La parole raciste se banalise. » La diversité des organisations présentes pour ce rassemblement témoigne d’un esprit d’unité face à une problématique persistante en France, selon de nombreux observateurs. L’Humanité rapporte que l’intensification du racisme et de l’antisémitisme nécessite une vigilance croissante.
Assa Traoré, sœur d’Adama Traoré, décédé il y a neuf ans dans une gendarmerie du Val-d’Oise, a également pris la parole : « Nous appelons à la fraternité. Ce n’est pas juste un mot à la mode, mais un mot qu’on doit prendre avec urgence. »
Nathalie Tehio, présidente de la LDH, a averti que les politiques d'exclusion promues par l’extrême droite nuisent aux droits de tous, y compris ceux des femmes. « Si le RN arrive au pouvoir, ils ne s’arrêteront pas aux migrants. Personne ne sera épargné ! » a-t-elle ajouté. D’après L’Humanité, Sissoko, du collectif de la Marche des solidarités, partage cette inquiétude face à l’évolution politique actuelle.
Pour Bagayoko, il est essentiel que la lutte contre le racisme devienne « la mère des batailles » et une priorité de la campagne présidentielle. Le cortège a terminé sa marche à la place de la République, où un concert antiraciste était organisé, signalant un fort engagement de la France Insoumise dans cette cause. Un événement finalement autorisé par le tribunal administratif, en dépit des objections de la préfecture.







