Lors d'une allocution marquante, Emmanuel Macron a exprimé son soutien à l'abrogation du « Code noir », un texte fondamental régissant l'esclavage, tout en soulevant des réflexions sur la notion de réparations. Le projet de loi sera débattu le 28 mai prochain à l'Assemblée nationale.
Présent à l'Élysée pour célébrer le 25ème anniversaire de la loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité, Macron a souligné l'importance de ce texte historique, saluant l'engagement de Christiane Taubira, son auteure. Le Code noir, qui n'a jamais été formellement abrogé, est considéré par le président comme un héritage symbolique difficile à porter pour la République française.
« Laisser ce code en place, même sans effets juridiques, devient une sorte de faute » a déclaré Macron, appelant le gouvernement à faire sienne cette proposition de loi, adoptée récemment à l'unanimité en commission.
Une démarche intercontinentale pour la justice
Christiane Taubira a salué à son tour les efforts actuels, évoquant le récent vote à l'ONU, soutenu majoritairement par des pays africains, visant à reconnaître les injustices de la traite des Africains. La France, qui s'est abstenue, a maintenu sa position contre toute hiérarchisation des crimes contre l'humanité.
Macron a souligné qu'il fallait entendre la demande de justice des victimes de l'esclavage, annonçant un « travail scientifique international » aux côtés du Ghana pour formuler des recommandations concrètes pour les décideurs politiques, sans cependant définir la nature des réclamations concernant les réparations.
Une reconnaissance nécessaire mais complexe
« La réparation », qualifiée d'« immense question », doit être abordée avec pragmatisme, a-t-il averti, rappelant l’impossibilité de réparer entièrement les injustices du passé. L'année dernière, un groupe d'historiens a été mandaté pour évaluer le coût de la domination française sur Haïti, un rapport attendu pour décembre.
Macron a affirmé que « réparer, c'est d'abord restaurer la juste place des faits dans l'histoire de la République », en mettant l'accent sur l'éducation et la sensibilisation. Il a insisté sur l'importance de reconnaître les vérités historiques pour construire un avenir solide.
« Si nous n'y prenons pas conscience, nous ne pourrons pas bâtir l'avenir », a-t-il conclu, affirmant que la France ne doit pas se cacher derrière ses erreurs mais au contraire, les confronter pour avancer.







