Dans les villes de Hénin-Beaumont et Billy-Montigny, deux mairies dirigées par le Rassemblement national ont annoncé des concerts de Jean-Luc Lahaye, un artiste sous le coup de plusieurs mises en examen pour des crimes graves, ce qui a provoqué un tollé au sein du collectif féministe Nous Toutes. Ce dernier a dénoncé ce choix, considérant qu'il traduit un "mépris" flagrant pour les luttes féministes.
Prévu le 29 mai au Théâtre de l'Escapade à Hénin-Beaumont, le concert de Lahaye fait écho à des préoccupations croissantes. Ce lieu culturel, géré par la municipalité depuis 2025, se retrouve au cœur de la controverse. Un second concert est programmé à Billy-Montigny lors des festivités du 14 juillet, une annonce relayée sur les réseaux sociaux par les deux municipalités.
Sur Instagram, le collectif féministe a fermement critiqué la "complicité des élus du Rassemblement national" lorsqu'il s'agit d'accueillir des artistes ayant de lourdes accusations à leur encontre. Ils soutiennent que cette programmation est une "violence symbolique" pour les victimes de violences sexuelles, condamnant ainsi toute forme de banalisation des actes reprochés.
Steeve Briois, maire de Hénin-Beaumont, et Yanis Gaudillat, élu de Billy-Montigny, se sont abstenus de toute déclaration face aux sollicitations de l'AFP. Gaudillat, s’exprimant pour La Voix du Nord fin avril, a été cité en défense de l'artiste, affirmant : "Jean-Luc Lahaye a un passé, il a payé sa dette. On ne peut pas interdire éternellement à un artiste de se produire." Cette affirmation relance les débats sur la réhabilitation artistique malgré des accusations graves.
Jean-Luc Lahaye, aujourd'hui âgé de 73 ans, a été mis en examen en 2021 pour des infractions comprenant des violences sexuelles sur mineurs. Les témoignages de deux jeunes femmes, nées en 1998 et 2000, évoquent des événements remontant à 2013, que le chanteur conteste fermement.
Marine Le Pen, réagissant à la programmation, a affirmé lors d’une interview à Ici Nord : "Je suis pour la présomption d'innocence, c'est essentiel. Je ne renie pas mes principes." Lahaye a une histoire judiciaire compliquée, ayant déjà été condamné en 2007 pour relations sexuelles avec une mineure et en 2015 pour corruption de mineure.







