La réaction du marché a été instantanément négative. Lors de la présentation d'un « plan stratégique de 60 milliards d'euros visant à stimuler sa croissance et sa rentabilité », le titre de Stellantis a chuté de plus de 6%, entraînant même une suspension de sa cotation avant de se stabiliser autour de -4,5%.
Ce programme, centrant ses efforts sur quatre marques principales - Jeep, Ram, Peugeot et Fiat – prévoit une réduction de plus de 800.000 unités des capacités de production en Europe d'ici 2030. Ce ciblage s'accompagne d'une stratégie d'alliance avec les entreprises chinoises Leapmotor et Dongfeng. Après des pertes importantes en 2025, le but est de diminuer les coûts de 6 milliards d'euros d'ici 2028 par rapport à 2025.
Pour atteindre cet objectif, Stellantis envisage de réduire ses capacités annuelles dans ses usines en Europe de 20%, une démarche largement anticipée en raison du sous-emploi de ses installations. Une réorganisation est prévue, notamment à Poissy, en France, avec le développement de nouveaux partenariats en Espagne, à Madrid et Saragosse, tout en mettant l'accent sur la préservation des emplois.
Des partenariats avec des marques chinoises en plein essor
L'accord récemment conclu entre Stellantis et Leapmotor prévoit une collaboration sur le front des achats. En particulier, Leapmotor s'occupera de la production de certains modèles au sein des usines de Madrid et Saragosse, l'usine de Madrid pouvant même être cédée à leur coentreprise. En parallèle, avec Dongfeng, Stellantis projette de lancer deux modèles Peugeot et deux Jeep destinés aux marchés chinois et internationaux. De plus, des voitures Dongfeng seront produites dans l'usine Stellantis de Rennes, garantissant un échange mutuel de compétences.
Sur le marché européen, le groupe ambitionne une augmentation de son chiffre d'affaires de 15% avec une marge d’exploitation de 3 à 5%. En Amérique du Nord, les prévisions évoquent une augmentation de 25% du chiffre d'affaires et des marges de 8 à 10% avec l'espoir d'une hausse de 35% des volumes de vente aux États-Unis. Globalement, une majorité (60%) des 36 milliards d'euros d'investissements sera dirigée vers l'Amérique du Nord. Stellantis veut également accélérer le rythme de lancement de nouveaux modèles, passant d'un délai de 40 mois à souhait d'une période de 24 mois.
Afin de se concentrer sur les quatre marques prioritaires, celles-ci recevront 70% des investissements, tandis que d'autres marques comme Chrysler, Dodge, Citroën, Opel, et Alfa Romeo bénéficieront d’un statut régional distinct. Les marques DS Automobiles et Lancia seront intégrées aux lignes directrices de Citroën et Fiat et se concentreront sur des segments de niche.
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