"Je vais peut-être refuser des nouveaux patients" : les récits d'infirmiers, pêcheurs ou agriculteurs soulignent à quel point la hausse des prix des carburants affecte leur quotidien. Des professionnels très dépendants du pétrole partagent leur expérience avec franceinfo, révélant les effets dévastateurs de la guerre au Moyen-Orient sur leurs moyens de subsistance.
Mathieu a besoin de carburant pour ses sorties en mer, Catherine pour ses visites médicales et Patrick pour faire fonctionner son exploitation agricole. Comme eux, de nombreux travailleurs vivent difficilement la hausse des tarifs à la pompe. Malgré les aides gouvernementales annoncées, la réalité reste rude.
Mathieu et son équipage doivent désormais réduire la distance parcourue pour pêcher, Catherine tente de regrouper ses visites par secteur, tandis que Patrick espère que la montée des prix des matières premières compensera la hausse des frais de production. Voici leurs témoignages.
Matthieu, pêcheur : "On pêche plus près du port"
"J'ai l'impression que l'État veut nous tuer." Au téléphone, Matthieu Claquin, patron du fileyeur Noz Dei II à Audierne, oscille entre colère et résignation. Pour lui, la situation est devenue insoutenable : l'interdiction de pêche dans certaines zones, la concurrence accrue et désormais cette flambée des prix du gazole.
"Avant, on pouvait naviguer six heures pour atteindre nos zones de pêche. Maintenant, nous réduisons le temps de navigation à moitié pour économiser sur le carburant, dont le prix a doublé. Nous pêchons beaucoup plus près du port", confie Matthieu, qui part chaque jour avec deux employés et un apprenti, naviguant dans une mer de défis.
Ces témoignages illustrent un problème bien plus vaste, reflétant les difficultés rencontrées par ceux qui œuvrent en première ligne de la crise énergétique. Les voix de ces professionnels résonnent et interpellent sur la nécessité d'une action durable face à la montée inexorable des coûts. Sébastien, économiste à l'université de Nantes, affirme que "des mesures urgentes s'imposent pour éviter une désindustrialisation accélérée due à la précarité énergétique." Une réalité préoccupante qui appelle à la réflexion.







