Situé en plein cœur de Quimper, un jardin prend la forme d'une feuille, mais sa fonction est bien plus sérieuse : il s'agit d'une véritable mission de santé publique, visant à suivre l'émission des pollens pour prévenir les personnes sujettes aux allergies.
Chaque jour, plusieurs jardiniers, dont Henriette qui exerce depuis plus de vingt ans, se relaient au pollinarium sentinelle. Lors de son tour, Henriette suit un protocole rigoureux. Pendant deux semaines, elle effectue des prélèvements en tapotant les épis et les branches sur une plaque noire. "Quand j'observe du pollen, cela indique qu'il y a une émission", explique-t-elle.
Un travail quotidien pour la santé publique
Cette activité se déroule de la mi-décembre à la mi-octobre, générant un réseau de données essentiel pour les allergologues et leurs patients. En effet, les informations recueillies aident à adapter les traitements pour ceux qui souffrent d'allergies saisonnières.
Le site abrite une riche biodiversité, incluant diverses herbacées telles que le plantain et l'armoise, ainsi que des graminées comme la flouve. En outre, on y trouve six espèces d’arbres : bouleau, saule, aulne, chêne, frêne et noisetier.
Les observations réalisées ici permettent de suivre non seulement le pollen, mais aussi l'impact des changements climatiques. "On a remarqué un décalage d'un mois dans l'émission de pollens, notamment pour le noisetier, en trois ans seulement", déclare Buno Even, membre de la direction des paysages de Quimper. Les épisodes de chaleur, sans vagues de froid, semblent en être responsables.
Pour garantir une couverture territoriale représentative, le pollinarium utilise des plants provenant des différents points cardinaux autour de Quimper, à une distance maximale de 30 kilomètres, englobant des communes comme Pont-l’Abbé et Châteaulin.
Un espace ouvert à tous
Malgré ses enjeux cruciaux, le pollinarium reste méconnu du grand public. Il est accessible gratuitement et notamment aux personnes allergiques, offrant un environnement serein, peu pollué. "La quantité de pollen émis ici est minimale, rendant cet espace idéal", conclut Henriette.







