À Rennes, le Service Commun des Laboratoires (SCL) joue un rôle clé en veillant à la conformité de nos denrées alimentaires. Avec les effets du réchauffement climatique et l’intensification des normes européennes, ces spécialistes s'efforcent de détecter les moindres anomalies pour garantir notre sécurité alimentaire.
Depuis vingt ans, le SCL analyse des échantillons en provenance de toute la France, un processus où près de la moitié des prélèvements se fait à l'importation. Lors d'une récente séance d'analyse, l'attention s'est portée sur 30 kg de figues d'un cargo turc, un produit devenu risqué en raison des changements climatiques. Ces fruits sont susceptibles de développer des mycotoxines, comme l'explique Adélaïde Cristol, responsable nationale du service des mycotoxines : "Ces substances toxiques proviennent de champignons qui se développent lorsque les conditions environnementales sont favorables, c'est-à-dire avec une température et un taux d'humidité élevés".
Les résultats d'une analyse récente sur un échantillon de figues ont montré une concentration d'ocratoxines à 13 microgrammes par kilogramme, bien au-delà du seuil réglementaire fixé à 8. En cas de non-conformité, la cargaison entière est rejetée, détruite ou renvoyée.
Regardez notre reportage sur le contrôle des denrées alimentaires.Vérifier l'authenticité et la composition des produits
Mais la mission du SCL ne s'arrête pas là. Le laboratoire s'assure aussi que les produits commercialisés correspondent bien à leur étiquette. Par exemple, chaque année, une cinquantaine de prélèvements est effectuée pour vérifier la dénomination des produits laitiers, comme les yaourts. Ingrid Taco, responsable de microbiologie, a récemment confirmé la conformité d'un échantillon : "Nous avons trouvé plus de 10 millions de micro-organismes par gramme, ainsi que les deux micro-organismes requis dans le yaourt, ce qui est acceptable".
Une réglementation européenne de plus en plus stricte
Avec l'augmentation du libre-échange, les exigences européennes se sont durcies, poussant les laboratoires à rechercher des niveaux de plus en plus minimes de substances. Eric Le Dréan, responsable du SCL, souligne que : "Il y a vingt ans, nous recherchions quatre molécules principales. Aujourd'hui, nous en vérifions plus de trente systématiquement". En France, dix autres laboratoires s'engagent également à garantir cette sécurité alimentaire. Cette vigilance accrue est essentielle pour protéger la santé des consommateurs face à des produits de plus en plus complexes.
Reportage vidéo Carine Mordrelle et Jean-Michel Piron / France 3 Bretagne







