L'Organisation des transporteurs routiers européens (Otre) a organisé une opération escargot lundi matin sur le périphérique parisien, annonçant d'autres mobilisations tout au long de la semaine. Les agriculteurs, quant à eux, attendent également un soutien complémentaire.
En réponse à la colère grandissante des agriculteurs et des transporteurs, le gouvernement a laissé entendre le 30 mars 2026 que les aides financières pour compenser la flambée des prix des carburants pourraient être prolongées. Les professionnels de la route, de l'agriculture et de la pêche expriment des demandes supérieures à celles du plan gouvernemental d'environ 70 millions d'euros récemment annoncé. Les entreprises de transport pourraient recevoir 50 millions d'euros supplémentaires en avril, correspondant à une aide de 20 centimes par litre de carburant pour celles en difficulté.
« La mobilisation continue », a déclaré une porte-parole de l'Otre, qui a précisé que ce mouvement vise à sensibiliser davantage le public et les décideurs aux défis rencontrés par le secteur. Plusieurs camions et bus de tourisme ont circulé tranquillement sur le périphérique, bloquant deux des quatre voies pour perturber la circulation.
« Il faudrait 50 centimes. Sinon, ce sera des faillites »
Des actions sont également prévues dans des régions comme le Lot-et-Garonne, l'Aveyron, en Nouvelle-Aquitaine, ainsi qu'à Toulouse, PACA et Rennes, ainsi qu'une autre manifestation dans la Marne, orchestrée par la Fédération nationale des Transporteurs (FNTR).
« Il faudrait 50 centimes. Sinon, ce sera des faillites. Nous ne pouvons pas continuer à travailler à perte », a averti Sarah Bahezre, trésorière de la Fédération des autocaristes indépendants et gérante de la société Ulysse Cars.
Eric Menu, conducteur pour la société Idelot (Oise), a partagé son désespoir en participant à l'opération escargot : « Le moral est à zéro, l'État nous abandonne. Cela fait 36 ans que je fais ça. On se demande si on continue ou si on arrête ».
Aides « peut-être reconductibles »
Pour apaiser la situation, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué sur les chaînes Europe 1 et CNews que ces aides pourraient être « reconduites si la situation perdure en mai, juin ». Du côté des agriculteurs, Arnaud Rousseau, à la tête de la FNSEA, a exprimé son mécontentement concernant le plan d'aide lors d'une réunion avec le Premier ministre, qui a promis d'agir si la guerre en Ukraine se prolonge.
Les agriculteurs bénéficieront en avril d'une exonération de la taxe sur le gazole non routier (GNR) utilisé par les tracteurs, représentant environ 14 millions d'euros, soit une économie de « quatre centimes par litre », d'après une source officielle.
« Nous demandons 30 centimes par litre », a ajouté Rousseau, dénonçant la hausse insupportable des prix du GNR et des engrais.
Aider « ceux qui en ont le plus besoin »
Les prix des carburants continuent d'augmenter légèrement, avec le gazole à 2,23 euros le litre en moyenne, selon des données gouvernementales analysées par l'AFP. Le gouvernement exclut une baisse des taxes qui constituent entre 50 et 55 % du coût total à la pompe.
« Des mesures générales coûteraient cher et auraient peu d'impact, nous concentrons nos efforts sur ceux qui en ont réellement besoin », a justifié le ministre de l'Économie, Roland Lescure, en marge du salon Global Industries.







