Le tribunal correctionnel de Brest examinera ce mois de juin les allégations formulées par six allocataires du RSA et la CGT, qui ont convoqué à comparaître le président (divers droite) du Finistère et un de ses collaborateurs pour des accusations de "harcèlement moral institutionnel". En réponse, le tribunal a ordonné le versement d'une consignation de 1.000 euros pour la CGT et 300 euros pour chacun des six plaignants, à soumettre dans un délai d'un mois afin d'assurer la tenue du procès prévu le 15 juin.
L'avocate représentant le département, Me Stéphanie Zaks, a fermement dénoncé un "procès clairement politique". "Le temps consacré aux audiences correctionnelles est précieux. Des discussions administratives pourraient avoir lieu sur un terrain différent", a ajouté Véronique Wester-Ouisse, la représentante du parquet. En revanche, Franck Carpentier, avocat de la CGT, a affirmé que ce procès est avant tout une question de droit, rappelant que la situation des allocataires du Revenu de solidarité active (RSA) était comparable à des situations de harcèlement moral institutionnel, similaires aux évènements chez France Télécom dans les années 2000.
Le climat de tension s'est palpable ce lundi lorsque quelque 200 manifestants se sont rassemblés devant le tribunal pour soutenir les plaignants. "L'objectif de ce procès est de mettre fin à cette machine à broyer", a déclaré Ludovic Morin, secrétaire général de la CGT du Finistère. Depuis le début de la citation à comparaître, une quarantaine de nouveaux témoignages ont été recueillis, renforçant le dossier.
Un témoignage poignant parmi d'autres
Cécile, une maraîchère de 39 ans à Guengat, a fait part de son expérience dévastatrice durant un contrôle RSA qui a abouti à sa radiation en juin 2025. "Ces mois ont été horribles, marqués par un harcèlement quotidien", a-t-elle relaté. Malgré ses alertes sur sa santé mentale et sa précarité, les demandes administratives ont continué sans relâche.
En réaction, Maël de Calan, président du département, a accusé les plaignants de vouloir mener un affrontement politique, soutenant que le recours était infondé. "C'est une fierté que l'extrême-gauche conteste nos propositions sur le RSA", a-t-il affirmé. Il a également rappelé qu’il devra comparaître ce même jour devant le tribunal en raison d'affirmations diffamatoires portées contre un député LFI, soulignant ainsi l'atmosphère chargée de cette affaire.







