Accusé de harcèlement à l'égard des allocataires du RSA, le président du conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, ainsi qu'un directeur de la collectivité, sont convoqués devant le tribunal de Brest le 15 juin prochain. Cette action judiciaire provient des plaintes portées par la CGT et six victimes de ce que ces derniers qualifient de contrôles abusifs.
Lors d'une récente audience, la CGT a mobilisé près de 200 personnes devant le palais de justice de Brest pour dénoncer ce qu’ils qualifient de "traque des précaires" initiée par le département du Finistère. Ces contrôles sont jugés par le syndicat comme étant "intrusifs et humiliants", touchant les bénéficiaires du revenu de solidarité active, qui s'élève à 646 euros par mois pour un individu isolé.
Une lutte contre la "chasse aux pauvres"
Le tribunal a fixé une consignation de 1.000 euros pour la CGT et 300 euros pour les autres parties civiles afin que le procès se déroule. Me Franck Carpentier, l'avocat de la CGT, a exprimé sa satisfaction quant à la rapidité de l'audience, indiquant que cela permettrait d’engager un véritable débat sur le sujet.
À l'extérieur du tribunal, des militants et des représentants de la gauche ont dénoncé cette "chasse aux pauvres". Au cours des dernières années, de nombreux bénéficiaires du RSA en Finistère ont été déchus de leurs droits. Cécile Weyer, par exemple, une maraîchère de Guengat, se plaint des accusations de fraude, malgré ses déclarations honnêtes. "C'est humiliant de devoir demander de l'aide à ma famille alors que je travaille", a-t-elle confié.
Un climat de suspicion
Des agriculteurs subissent également cette pression, comme décrit par Nathan Martin, co-secrétaire départemental de la Confédération Paysanne. Il a rapporté qu'un contrôleur avait suggéré à un agriculteur de "choisir entre les subventions de l'État et celles du département", une méprise entre les droits sociaux et les aides financières. La CGT a reçu 47 nouveaux témoignages similaires, témoignant d'un système jugé oppressif par beaucoup. Ludovic Morin, secrétaire général de l'union départementale CGT, s'interroge : "Est-ce que c'est vraiment ce que nous voulons pour nos concitoyens ?"
La position du département
Maël de Calan se montre très critique à l'égard de la CGT, rejetant les accusations de harcèlement. Dans une déclaration à l'AFP, il a défendu le plan RSA du département, arguant qu'il n'a "aucun mal à prouver le caractère abusif de cette démarche". Et de conclure : "Que l'extrême-gauche conteste notre plan, c'est une fierté. Nous attendons avec impatience la fin de cette situation".







