Nouvelle manœuvre climatosceptique du président américain. Donald Trump s'apprête à abroger un texte fondamental, remontant aux années d'Obama, qui constitue le socle des efforts américains pour combattre les émissions de gaz à effet de serre. Annoncée par sa porte-parole Karoline Leavitt, cette décision s'inscrit dans une volonté affichée de déréguler l'économie américaine.
La révocation de ce texte, connu sous le nom de « constat de mise en danger » (« Endangerment finding »), constitue ce que la porte-parole qualifie de "plus grand acte de dérégulation de l'histoire américaine". Selon Leavitt, cela permettrait aux citoyens de réaliser des économies significatives, mais les scientifiques et les défenseurs de l'environnement sont loin de partager cet avis.
Ce retour en arrière pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour l'environnement. De nombreuses réglementations, qui avaient été mises en place grâce à ce texte, visaient à réduire les émissions liées aux véhicules, notamment les camions et voitures, premiers contributeurs de dioxyde de carbone.
Réglementations en péril
L'abrogation de ces textes mettrait un terme à des contraintes essentielles sur les émissions des véhicules, permettant ainsi à l'administration Trump d'annuler d'autres réglementations environnementales, y compris celles concernant les centrales électriques. Ces changements surviennent alors que l'administration actuelle est largement pro-pétrole et pro-charbon, attisant les craintes de nombreux scientifiques, qui dénoncent une stratégie diamétralement opposée aux intérêts publics.
« Les preuves scientifiques concernant le changement climatique causé par les activités humaines étaient déjà préoccupantes en 2009, et elles n'ont fait que se renforcer depuis », a déclaré un groupe de plus de 1 000 chercheurs dans une lettre ouverte en juillet, renforçant l'avis que la décision de Trump est fondamentalement inappropriée.
Bataille judiciaire annoncée
Face à cette décision, le gouvernement américain semble minimiser l'impact des activités humaines sur le changement climatique, arguant que les gaz à effet de serre ne devraient pas être traités comme des polluants au sens strict, leurs effets étant globaux et indirects. L'administration considère que l'abrogation pourrait également contribuer à réduire les coûts des voitures neuves.
Une telle révocation ne manquera pas de susciter des réactions judiciaires et pourrait rapidement atteindre les plus hautes instances de justice, notamment la Cour suprême. Si la majorité conservatrice de cette juridiction était déjà accueillante face à des revers de jurisprudence, les plaignants pourraient rappeler que l'une de ses propres décisions de 2007 a été à l'origine de l'EPA.
Ce revirement se produit alors que 2025 s'affirme comme l'une des années les plus chaudes jamais enregistrées, un rappel cruel des conséquences tangibles du dérèglement climatique, qui se manifestent déjà à travers le pays. Alors même que la lutte contre les gaz à effet de serre marque le pas à l'échelle mondiale, attribuée à un manque flagrant d'investissements dans des technologies durables, cette décision de l'administration Trump pourrait se révéler désastreuse.







