Sur les côtes de Bretagne, en particulier à Trégunc, des centaines de macareux moines ont été retrouvés morts, soulevant une vive inquiétude parmi les ornithologues et les citoyens. Ces oiseaux aux couleurs vives, avec leur célèbre bec multicolore, échouent sur les plages depuis le début de février, témoignant d'une situation alarmante.
Les échouages, beaucoup plus fréquents qu'à l'accoutumée, ne semblent pas liés à la grippe aviaire ou aux marées noires, mais plutôt aux conditions climatiques extrêmes. Antoine Chabrolle, spécialiste des oiseaux marins à la station marine de Concarneau, explique : "Les tempêtes répétées depuis janvier, avec des vents dépassant les 100 km/h, ont entraîné des vagues gigantesques, rendant la pêche impossible pour ces oiseaux. Ils ne parviennent plus à se nourrir correctement."
Des vagues dévastatrices et une population vulnérable
Les macareux, surnommés les "clowns des mers", migrent depuis des zones éloignées, comme la Norvège et l'Islande, pour passer l'hiver dans le Golfe de Gascogne. Ils ne retournent sur terre que pour se reproduire au printemps. Leur alimentation principale consiste en poissons qu'ils plongent jusqu'à 40 mètres de profondeur. Les vagues de dix mètres rendent cette quête de nourriture particulièrement difficile, conduisant les oiseaux à bouts de souffle et malnutris vers les côtes.
Une bénévole anonyme de l'association Bretagne vivante, qui parcourt les plages à la recherche de survivants, se retrouve face à un désastre : "Sur une petite portion de plage, je n'ai trouvé que six oiseaux, c'est désespérant," s'alarme-t-elle.
Le nombre de macareux mourants pourrait être alarmant. "Nous ne parlons peut-être pas de centaines, mais de milliers, voire des dizaines de milliers d'oiseaux perdus en mer," indique Antoine Chabrolle. En 2014, une situation similaire avait conduit à l'échouage de près de 30.000 macareux sur les côtes françaises. Les espèces qui survivent actuellement pourraient en souffrir gravement à long terme.
Face à cette tragédie écologique, les autorités et les organisations de conservation sont appelées à réagir pour protéger ce symbole marin de la Bretagne, fragile et menacé, signifiant que la nature nécessite une attention constante et urgente.







