Jeudi, un affrontement entre deux ethnies indigènes dans le sud-ouest de la Colombie a abouti à un bilan tragique de sept morts et 110 blessés, d'après des informations révélées par les autorités locales.
Le conflit a eu lieu entre les peuples Misak et Nasa et est le résultat de tensions persistantes liées à la terre dans le département du Cauca, une région riche en ressources culturelles mais gravement affectée par la culture illicite de la coca, selon le Bureau de la Défenseure du peuple.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux témoignent de la violence des affrontements, montrant des hommes armés de bâtons et des blessés gisant au sol. "Nous avons été piégés, nos téléphones ont été confisqués et nos motos incendiées", a déclaré un membre du peuple Nasa dans une vidéo.
Le bilan fait état de quatre victimes chez les Misak et deux chez les Nasa, avec un septième corps qui reste à identifier. Luis Enrique Tunubalá, leader de la communauté Misak, a été parmi les premiers à être rapporté comme mort. Des membres de la communauté, portant des costumes traditionnels, se sont rassemblés en larmes devant un hôpital local pour rendre hommage à leur chef.
Maria Jacinta Tunubalá, 45 ans, blessée lors des affrontements, a témoigné de l'escalade des tensions : "Les Nasa sont arrivés avec des bâtons, des pierres et des machettes, après que nos gens ont coupé une clôture sur le terrain controversé". Son frère, Julio, a exprimé son impuissance face à la situation tragique : "Nous n'avons rien pu faire".
La sénatrice Aida Quilcué, leader du peuple Nasa, a commenté le conflit en déclarant qu'il s'agit d'une lutte historique qui perdure depuis des années, appelant le gouvernement à renforcer sa présence dans le Cauca. "Ce type de désaccord ne doit pas mener à la douleur, à la mort ni à des violences", a-t-elle souligné.
En réponse à cette escalade de violence, les forces armées colombiennes ont été déployées dans la région pour tenter d'apaiser les tensions. Octavio Guzman, gouverneur du Cauca, a exprimé son indignation sur les réseaux sociaux, rappelant que même les plus profonds désaccords ne justifient en rien de telles tragédies.
En Colombie, les disputes territoriales entre communautés indigènes sont relativement fréquentes, bien que rarement elles atteignent ce niveau de violence. Actuellement, les peuples autochtones dominent seulement 4,4 % de la population colombienne, estimée à 50 millions d'habitants.







