En dépit de l'éloignement médiatique, l'Ukraine subit chaque jour des attaques russes. La population craint l'absence d'un soutien durable de ses alliés.
Ce vendredi, la vie continue à Kiev. Métros bondés et rues animées témoignent d'une normalité trompeuse. Pourtant, à des kilomètres de là, des bombardements russes mettent à mal les espoirs de paix. Ce jour, les forces russes intensifient leurs attaques de drones, généralement réservées aux heures nocturnes.
Victoria Belim, écrivaine ukrainienne, partage sur ses réseaux sociaux son expérience depuis Ternopil, une ville autrefois relativement épargnée : "Je suis cachée des frappes, alors que je programmée de profiter d'un week-end tranquille". Les fumées des explosions rappellent aux habitants que ce n'est pas un jour comme les autres.
Un désir de mémoire
Dans le sud, l'ONG "Bake for Ukraine - Palyanytsya" montre des images des destructions. Son message, "Monde : te rappelles-tu encore de nous ?", met en lumière l'inquiétude des Ukrainiens face à un monde qui semble se détourner de leur souffrance.
À Kiev, Natalia, 60 ans, reste optimiste : "L'Occident ne nous a pas oubliés, et l'Ukraine fait partie de l'Europe". Masha, 20 ans, exprime une inquiétude persistante : "Si l'aide n'arrive plus, nous serons foutus. C'est notre espoir le plus grand pour une fin rapide de la guerre".
La volonté de lutte
Victoria, fonctionnaire, souligne : "Nous sommes reconnaissants envers l'Europe pour son aide, mais chacun doit faire face à ses propres problèmes. Les ressources diminueront, c'est inévitable".
Elle ajoute : "Nous craignons cette guerre. Nous ne voulons pas être absorbés par la Russie et continuons de nous battre pour notre liberté. Si Kiev subit le sort de Donetsk ou Louhansk, nous devrons fuir".
Des pertes irréparables
La guerre laisse des cicatrices profondes. Récemment, des dizaines de personnes ont assisté à un hommage à Victoria Bobrova, une réalisatrice décédée au combat. Une autre victime tragique, Alina Gruzina, âgée de 19 ans, a perdu la vie lors d'une attaque par drone.
Malgré ces pertes, la résilience des Ukrainiens persiste. Un sondage de l’Institut de sociologie de Kyiv indique que 57 % de la population considère inacceptable de céder des territoires en échange de garanties de sécurité. La majorité voit dans la Russie le principal obstacle à la paix, tandis que d'autres pointent Washington du doigt. L'Ukraine se prépare à une guerre longue, implacable et douloureuse.







