L'ancien ministre espagnol des Transports, José Luis Ábalos, membre influent du cercle rapproché du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, a été entendu ce mercredi à Madrid dans le cadre de son procès pour corruption, une affaire qui jette une ombre sur le leader du gouvernement.
Ce procès examine l'acquisition frauduleuse de millions de masques durant la pandémie par divers ministères, gouvernements régionaux socialistes et autres institutions publiques. José Luis Ábalos est jugé aux côtés de son ancien conseiller, Koldo García, et d'un homme d'affaires, Víctor de Aldama.
Les accusations affirment qu'Ábalos aurait joué un rôle clé en facilitant l'accès à des contrats publics d'achat de masques, alors que Koldo García était l'intermédiaire des opérations et Víctor de Aldama, l'homme d'affaires ayant organisé la vente, en tirant des bénéfices substantiels. Selon le parquet, l'ancien ministre aurait perçu des fonds et d'autres avantages lui permettant de vivre dans le luxe, finançant des vacances et un appartement de liaisons à Madrid.
Le procès, ouvert le 7 avril, devrait théoriquement se conclure ce jeudi, avant que le jugement ne soit mis en délibéré.
Alors qu'Ábalos et García sont en détention provisoire et clament leur innocence, de son côté, Víctor de Aldama comparaît libre après avoir collaboré à l'enquête.
Un des principaux témoins, le lieutenant-colonel de la Guardia Civil Antonio Balas, a expliqué devant le Tribunal suprême le fonctionnement du trio impliqué. "Le rôle d'Ábalos est fondamental. Sans lui, ils n'auraient pu mener à bien presque aucune des affaires", a-t-il déclaré. Quant à Víctor de Aldama, "c'est lui qui paye et exige", a-t-il ajouté, rappelant que ni Ábalos ni García avaient jamais résisté aux demandes de l’homme d'affaires.
Cette affaire est particulièrement gênante pour Pedro Sánchez et le Parti socialiste (PSOE), car Ábalos a été une figure centrale dans l'ascension du Premier ministre. Les allégations suscitent des questions sur la surveillance de Sánchez sur son entourage, surtout qu'Ábalos a été remplacé par Santos Cerdán, également impliqué dans une enquête pour corruption.
L'épouse du Premier ministre, Begoña Gómez, pourrait bientôt être renvoyée en procès pour des abus de position, tandis que son frère, David Sánchez, sera jugé en mai pour trafic d'influence après avoir obtenu un emploi public.
La direction du PSOE s'est distancée de Ábalos et Cerdán, affirmant avoir rapidement agi face aux soupçons de corruption. Pedro Sánchez a minimisé ses liens avec Ábalos, même si celui-ci a été l'architecte de son ascension politique, symbolisé par le fait qu'il a présenté la motion de censure contre le gouvernement de Mariano Rajoy qui a propulsé Sánchez au pouvoir en 2018.







