Le Mali traverse une période de grande fébrilité. Trois jours après des attaques sans précédent menées par des jihadistes et des rebelles touareg, la junte militaire se retrouve en position de vulnérabilité. L'affirmation vient même de son allié russe, qui décrit la situation comme "difficile".
Le général Assimi Goïta, leader de la junte, n’a pas été aperçu depuis les assauts coordonnés de samedi, lancés par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) associé au Front de libération de l'Azawad (FLA). Ces attaques ont visé des cibles stratégiques à travers le pays, atteignant même les environs de la capitale, Bamako.
L’une de ces offensives a coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara, connu pour avoir favorisé le rapprochement avec la Russie. Cette perte souligne la gravité de la situation actuelle pour le régime militaire, déjà affaibli depuis le coup d'État de 2020.
Le ministère russe de la Défense a précisé que les groupes armés continuent de se regrouper, maintenant leurs "intentions agressives". "La situation au Mali reste complexe et difficile", a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
Par ailleurs, une autre annonce concerne le retrait de l’Africa Corps, des paramilitaires soutenant la junte, de la ville de Kidal, récemment reprise par les groupes rebelles. Ce retrait soulève des questions quant à la capacité de la junte à maintenir l'ordre et à défendre son autorité dans un contexte de montée des violences.
Malgré les affirmations successives de la junte sur les avancées réalisées grâce à sa stratégie de rupture et ses alliances, les événements récents renvoient une image d'incapacité à contrer les menaces armées. L’absence prolongée du général Goïta ainsi que son silence face à la crise relèvent davantage d’un contexte de tension interne, suscitant des interrogations sur la stabilité du leadership en place.
Des sources sécuritaires affirment que Goïta agit par "mesure de précaution". De plus, un élu de la capitale a souligné que les autorités militaires tirent des leçons de cette situation précaire.
L'inhumation de Sadio Camara, prévue jeudi, pourrait devenir un moment clé pour observer la présence de Goïta, alors que l'armée commence déjà à abandonner certaines positions, notamment dans la région de Gao. Les militaires se seraient retirés vers Ansogo, selon un élu local.
Lundi soir, de fortes détonations ont été signalées en périphérie de Bamako, bien que la situation ait rapidement retrouvé un semblant de calme. Toutefois, des drones de surveillance continuent de survoler la zone, indiquant une intensification potentielle des tensions.
Tous ces événements reflètent la fragilité d'un régime qui a vu ses alliés traditionnels, comme la France, se retirer, le laissant s'appuyer sur des partenaires moins conventionnels, comme la Russie. L'alliance entre le JNIM et le FLA semble, selon certains analystes, destinée non pas à renverser le pouvoir à Bamako, mais à reprendre les régions du Nord, comme Kidal, déjà tombée sous contrôle rebelle.
Face à cette crise multiforme, l’avenir politique et sécuritaire du Mali demeure plus incertain que jamais.







