Une enquête menée par Sentry, un média d'investigation, révèle comment le cercle intime d’Hemedti, leader des Forces de soutien rapide (FSR), a financé un patrimoine immobilier à Dubaï d’une valeur de 20 millions d’euros, en exploitant les richesses du Soudan. Les FSR, reconnus par l’ONU pour leurs « actes de génocide », sont accusés d’appropriation des ressources du pays au profit des Émirats arabes unis.
Alors que les paramilitaires des FSR perpètrent des atrocités contre la population soudanaise, la famille dirigeante s’enrichit considérablement. L’enquête de Sentry1 met en lumière l’accroissement de la richesse d’Hemedti et de ses proches, qui ont acquis plus de vingt propriétés de luxe en plein cœur de Dubaï.
De l’or extirpé clandestinement du Soudan
Le rapport révèle que Mustafa Ibrahim Abdel Nabi Mohamed, sanctionné par l'UE, possède un appartement de 700 000 dollars dans la célèbre Burj Khalifa. Selon Sentry, il était copropriétaire d’une société de sécurité avec le frère d’Hemedti, Musa Hamdan Dagalo, qui détenait des parts dans une banque contrôlée par les FSR.
Des proches d’Hemedti ont également acquis des villas somptueuses dans un complexe résidentiel près de l’hippodrome de Meydan. Les Émirats, en plus de fournir un « refuge sécurisé », bénéficient des profits de l’or de contrebande extrait du Soudan. Ce pays traverse une crise humanitaire sans précédent, avec 33 millions de personnes nécessitant une assistance, dont 19 millions sont en situation de famine aiguë.
Des financements et du matériel militaire aux FSR
Les villas, acquises par le biais d’une société enregistrée aux Émirats, révèlent un écosystème complexe où le commerce de l’or et le soutien militaire aux FSR sont intimement liés. « Les Émirats arabes unis autorisent les RSF à installer une partie de leur complexe paramilitaire et industriel à Dubaï, » souligne Nick Donovan, enquêteur chez Sentry, dans une interview au Guardian.
Les données de téléphonie et autres sources indiquent que la famille Dagalo a formé une communauté fermée à Dubaï, loin des souffrances infligées aux Soudanais. L’épouse d’Hemedti a récemment acheté un terrain pour 723 000 euros, juste six mois après le début du conflit.
En dépit de ces révélations, la direction des Émirats continue de « rejeter catégoriquement » les allégations d’aide militaire ou financière envers les RSF. Les faits exposés pourraient cependant remettre en question cette position face à l’ampleur des violations des droits humains au Soudan, exacerbées par l’enrichissement sans précédent des dirigeants du FSR.
Sources : Sentry, Humanité, Guardian







