Le centre hospitalier intercommunal Redon-Carentoir a été contraint de fermer sa maternité pour une durée de 48 heures, les 18 et 19 avril dernier, en raison d'une pénurie de gynécologue-obstétricien. Ce moment, décrit comme une "situation exceptionnelle" par la direction, soulève des inquiétudes quant à l'attractivité des métiers médicaux en France.
Anne Rousselot-Soulière, directrice générale de l'hôpital, a précisé qu'aucune patiente suivie n'avait de terme prévu dans les jours à venir. "C'est la première fois depuis 2023 que nous en venons à une telle mesure", a-t-elle déclaré. Elle insiste sur la nécessité de recruter davantage de médecins pour garantir le bon fonctionnement de tous les établissements de soins du pays.
Des soins de proximité sous tension
Cécile Leray, présidente de la Commission Médicale d'Etablissement, a également exprimé des préoccupations. "Nous souhaitons pérenniser notre maternité, car elle représente des soins de proximité essentiels pour les femmes. Cependant, nous ne pouvons pas compromettre la sécurité", a-t-elle déclaré, soulignant que cette fermeture temporaire oblige les femmes enceintes à se rendre dans des hôpitaux plus éloignés, comme ceux de Vannes ou Rennes.
Pour pallier les difficultés de recrutement, la direction de l'hôpital de Redon met en œuvre diverses initiatives pour attirer de nouveaux praticiens. "Nous participons à des événements sur le territoire, y compris des journées de recrutement," explique Mme Rousselot-Soulière. "Nous faisons également la promotion de notre cadre de vie attractif sur les réseaux sociaux et lors des entretiens avec les futurs candidats."
Cependant, la CGT exprimait son inquiétude face à la fermeture imprévue et au manque de médecins titulaires. Un représentant syndical a averti : "Si nous ne parvenons pas à recruter, nous risquons de dépendre des intérimaires, ce qui pourrait rendre la situation très complexe." L'hôpital de Redon est ainsi au cœur d'un débat crucial sur la santé publique, marqué par des défis de taille pour garantir la sécurité des patients et la pérennité des services de maternité.







