Le 21 juin 2019, à Herblay, l'histoire tragique d'Evaëlle, une collégienne de 11 ans, a secoué la France. Après avoir subi un harcèlement scolaire intense, Evaëlle a mis fin à ses jours, un acte désespéré qui a mis en lumière les lacunes du système éducatif face à ce fléau. Son suicide a conduit à une enquête qui a révélé des accusations contre plusieurs élèves et une enseignante, Pascale B., soupçonnée d'avoir minimisé les violences subies par sa protégée.
Initialement relaxée lors d'un procès tenu en mars 2025 à Pontoise, l'enseignante est à présent de nouveau sur le banc des accusés. Le parquet ayant fait appel, le jugement sera examiné à Versailles le 9 février 2026, une date marquée d'attente et de tension pour les proches d'Evaëlle et tous ceux touchés par ce sujet délicat.
Le harcèlement scolaire, phénomène qui touche une large tranche de la population étudiante, exacerbe les fragilités dont souffrent parfois les adolescents. La mère d'Evaëlle a témoigné que la session de vie de classe durant laquelle sa fille a eu à faire face à cette humiliation orchestrée par sa professeure a été vécue comme "la pire journée" de sa vie. Les experts insistent sur le fait que le harcèlement s'intensifie au collège, où les dynamiques de groupe deviennent particulièrement cruelles.
Maître Louis Lefoyer de Costil, avocat au barreau de Paris spécialisé dans le droit public et de l'éducation, a déclaré sur BFM TV que "la répétition crée la souffrance" et que l'isolement engendré par ce type de violences peut avoir des conséquences dévastatrices. Les établissements scolaires doivent redoubler d'efforts pour mieux encadrer ces cas afin de protéger les élèves et éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.
Pourillon et l’Éducation nationale sont d'ores et déjà face à une obligation d'agir. La justice cherche à prendre des exemples concrets pour faire évoluer la législation sur le harcèlement scolaire, et le cas d'Evaëlle pourrait devenir un pivot dans ce processus. Alors que les procédures relatives à ces violences ne dépassent généralement pas les murs des établissements scolaires, cette affaire pourrait bien changer la donne.
En parallèle, un appel à la sensibilité des chefs d’établissement et des corps pédagogiques s'impose. Le harcèlement, loin d’être une affaire à traiter en gestion isolée, nécessite une approche collective et éclairée. Comme le rappelle Maître Lefoyer, les témoignages convergents de plusieurs élèves sont essentiels pour aider à faire émerger la vérité.
Des cas similaires, comme celui du suicide d'une adolescente nommée Camélia en 2016, montrent à quel point le souci de l’'institution peut parfois s'opposer au besoin d’écoute des souffrances des élèves. La justice française, ainsi que les établissements scolaires, sont appelés à évoluer face à ce défi sociétal crucial.
Pour toute situation de harcèlement, le numéro 3018 demeure à disposition pour un soutien gratuit, anonyme et confidentiel, offrant une lueur d'espoir pour les jeunes en détresse.







