La cour d'appel de Paris poursuit l'audience de l'affaire emblématique du mouvement #MeToo dans le milieu du cinéma français. L'accusation portait sur des agressions sexuelles subies par Adèle Haenel alors qu'elle était âgée de 12 à 14 ans.
Initialement planifiée pour une unique session le 19 décembre, l’audience avait été interrompue pour prolongation due à la complexité des débats. Ce jour-là, la cour avait uniquement appelé les témoins et écouté Christophe Ruggia.
A partir de 13h30, la cour d'appel reprendra les débats avec l'audition d'Adèle Haenel, partie civile dans cette affaire, suivie de l'interrogatoire du prévenu, avant que les plaidoiries et la délibération finales ait lieu. Les avocats d'Adèle Haenel, contactés par BFMTV, ont confirmé que leur cliente serait bien présente.
"Mais ferme ta gueule!"
En novembre 2019, Adèle Haenel a décidé de porter plainte contre Christophe Ruggia pour des actes qu'elle qualifie d'agressions sexuelles, survenus, selon ses dires, entre 2001 et 2004, après le tournage du film Les Diables. À l'époque, l'actrice était encore adolescente. Elle évoque des visites fréquentes chez le réalisateur, qui ont, selon elle, dissimulé des agressions répétées sous le prétexte d'un goûter.
Depuis sa dénonciation et son départ retentissant de la cérémonie des César en pleine affaire Polanski, Adèle Haenel s'est éloignée du milieu cinématographique pour se concentrer sur le théâtre et son engagement militant.
Lors du premier procès, les démentis de Ruggia ont profondément irrité l'actrice, au point qu'elle a interrompu son interrogatoire en s'exclamant : "mais ferme ta gueule!" avant de quitter l'audience. En première instance, Ruggia a été condamné à quatre ans de prison, dont deux ans avec un bracelet électronique, mais il a fait appel, sans avoir encore été équipé de ce dispositif.
"Ce n'est jamais arrivé"
Lors de la dernière audience de décembre, Ruggia a maintenu sa version des faits, arguant que les accusations formulées par Adèle Haenel constituaient une "reconstruction". Il clame haut et fort ne pas être un agresseur. "Si j'avais réellement commis ce dont elle m'accuse, je n'aurais jamais pu me voir dans un miroir", a-t-il déclaré.
"Si j'avais fait ce qu'elle m'accuse d'avoir fait, je n'aurais jamais pu me regarder dans la glace", a-t-il insisté.
Pour sa défense, Ruggia affirme être victime d'un mouvement #MeToo vengeur, suggérant que l'actrice l'accuse en raison d'un refus de la sélectionner pour des projets futurs. Toutefois, cette argumentation est affaiblie par de nombreux témoignages, des preuves matérielles et le temps écoulé depuis les faits, la dénonciation ayant eu lieu 15 ans après les événements reprochés.







