Jeudi, la Maison Blanche a publié une photo retouchée d'une manifestante, montrant son visage inondé de larmes, sans souligner qu'elle avait été modifiée. Ce cliché met en lumière les pratiques de plus en plus courantes d'altération d'images par certaines administrations politiques, notamment sous la présidence de Donald Trump.
Cette image concerne Nekima Levy Armstrong, une défenseure des droits civiques arrêtée lors d'une manifestation à St. Paul, Minnesota. Avec d'autres manifestants, elle protestait contre les méthodes d'application de la loi par l'U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE), ce qui a conduit à son arrestation et à celle de plusieurs autres groupes.
La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, avait partagé un cliché de l'arrestation montrant Mme Armstrong avec un visage neutre, peu avant que la Maison Blanche ne diffuse la version modifiée avec une expression de détresse. Cette dernière a immédiatement provoqué une avalanche de critiques sur les réseaux sociaux.
"La présentation d'images d'une telle nature peut être une double-edged sword, surtout quand il s'agit de provoquer des opinions publiques sur des sujets sensibles," a déclaré Peter M. Lenski, expert en communication politique à l’Université de Columbia. "Cela risque de miner la confiance des citoyens dans les institutions lorsqu’ils découvrent la supercherie.”
Le compte X officiel de la Maison Blanche n’a pas signalé que l'image avait été modifiée, ce qui a aggravé les critiques. Contactée par l’AFP, la Maison Blanche a renvoyé vers le responsable de la communication, Kaelan Dorr, qui a défendu cette pratique comme un moyen de faire passer un message clair face à ceux qui soutiennent des actions jugées inacceptables.
Un large éventail de critiques
Les retouches d'images sont désormais monnaie courante dans le paysage politique, mais leur utilisation par des canaux gouvernementaux soulève des inquiétudes. Walter Scheirer, professeur à l’Université Notre-Dame, a déclaré : "À notre époque, ces images retouchées sont souvent utilisées pour faire honte à des personnalités de l’opposition et défendre des positions extrêmes qui touchent un large public." Il souligne que cela constitue un danger pour l’intégrité du débat public.
Des experts soulignent qu’il s’agit d’un cumul d’inquiétudes croissantes sur l’autorisation donnée à l’intelligence artificielle dans les médias officiels. D'autres membres de l'administration Trump ont également recours à ces techniques, tout comme certains adversaires politiques, ce qui intensifie la polarisation dans le débat public.







